Le gouvernement suit de près TIGF, filiale de Total

Avec Reuters

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Le gouvernement français est très attentif au sort de TIGF, filiale de transport et de stockage de gaz de Total que le groupe pétrolier souhaite vendre, a déclaré jeudi le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg. Plusieurs lettres d'intention ont été déposées vendredi dernier, dont plusieurs françaises, pour cette opération d'un montant de plusieurs milliards d'euros, a-t-il dit lors de la séance des questions au gouvernement au Sénat. Total espère retirer quelque trois milliards d'euros de la transaction.

«Cette cession concerne l'intérêt public et national» et des inquiétudes ont été exprimées par des élus locaux, a dit Arnaud Montebourg. «Nous souhaitons connaître les intentions de Total.» Le gouvernement souhaite maintenir TIGF «dans sa force, sa rentabilité, son implantation, et sa puissance, et aussi dans son niveau d'emploi», a-t-il ajouté.

Programme de cessions de 15 à 20 milliards de dollars

Selon Les Echos, un consortium dans lequel EDF est minoritaire a remis une lettre d'intention. En revanche, le groupe GDF Suez, dont le nom circulait, sa filiale GRT Gaz assurant déjà le transport du gaz sur le reste du territoire français, aurait décidé de ne pas se porter candidat, selon le quotidien économique. Axa Private Equity et la Caisse des dépôts ont eux aussi été cités comme des candidats potentiels à la reprise de TIGF et l'espagnol Enagas a clairement dit qu'il envisageait une offre.

Le projet de vente de TIGF, confirmé à la mi-octobre par Total, s'inscrit dans le cadre d'un programme de cessions de 15 à 20 milliards de dollars (environ 11,5 à 15,4 milliards d'euros) devant permettre au groupe pétrolier de financer ses investissements et d'accroître sa génération de trésorerie. De sources proches du dossier, on disait à Reuters fin octobre que Total espérait conclure cette opération début 2013.

TIGF, active dans 15 départements du sud-ouest de la France, emploie près de 500 personnes. La société exploite 5.000 km de canalisations et assure 13,2% du transit des volumes de gaz nationaux. Son chiffre d'affaires atteint 350 millions d'euros environ.