Les commandes de l'Asie ont porté à 6,5 milliards d'euros les exportations d'armes de la France en 2011 et la maintiennent dans le peloton de tête des pays exportateurs dans un marché où émergent de nouveaux concurrents, selon le rapport annuel présenté jeudi.
Les commandes de l'Asie ont porté à 6,5 milliards d'euros les exportations d'armes de la France en 2011 et la maintiennent dans le peloton de tête des pays exportateurs dans un marché où émergent de nouveaux concurrents, selon le rapport annuel présenté jeudi. — Eric Piermont afp.com

Économie

Armes: La France dans le peloton de tête des exportateurs

Les commandes de l'Asie ont porté à 6,5 milliards d'euros les exportations d'armes de la France en 2011 et la maintiennent dans le peloton de tête des pays exportateurs dans un marché où émergent de nouveaux concurrents, selon le rapport annuel présenté jeudi.

La France a enregistré 6,5 milliards d'euros de prises de commandes en 2011, a annoncé le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian en présentant le document devant les Commissions de la Défense et des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale. Ce chiffre représente une hausse de 27% par rapport aux 5,12 milliards de commandes passées en 2010.

La France parmi les cinq premiers exportateurs mondiaux

Selon le rapport, ce résultat situe la France «parmi les cinq premiers exportateurs mondiaux» alors qu'elle était quatrième l'année dernière. Sur la période 2006-2011, la France a maintenu cette quatrième place, derrière les Etats-Unis qui avaient 44% de parts de marché, la Russie avec 14%, le Royaume-Uni 11%, et devant Israël, 5,5%. Les autres gros exportateurs européens sont l'Allemagne (3,9%) et l'Italie (3,6%).

La région Asie Pacifique a absorbé l'année dernière 42% des exportations françaises. L'Inde notamment a passé une commande de modernisation de ses 51 avions de combat Mirage 2000 et la Malaisie a commandé des équipements pour blindés. Sur la période de cinq ans, le Moyen-Orient --Arabie saoudite et Emirats Arabes Unis en tête-- a été la première destination des armes françaises, représentant 26% des commandes.

Mais le ministre constate que de nombreux pays émergents se profilent en futurs concurrents. «La Chine, le Brésil, l'Afrique du sud ou bien encore l'Inde aspirent à entrer dans le cercle des grands exportateurs ou prétendent à une autonomie industrielle, note le rapport. La Corée du sud, par exemple (affiche) un objectif de trois milliards d'euros (de prise de commandes) en 2012, ce qui lui permettrait de se positionner au sixième rang mondial».

165.000 emplois en France

Le ministre a souligné l'importance des exportations d'armements pour l'industrie française. Ainsi, le secteur de la défense représente 165.000 emplois en France et réalise chaque année un chiffre d'affaires de 16 milliards d'euros. Et, en raison de la baisse du budget de la défense nationale, «les exportations contribuent à maintenir en France une base industrielle et technologique de défense dynamique, qui est une condition de son autonomie stratégique».

Le Drian a rappelé qu'il travaillait à «l'élaboration d'un plan de soutien aux petites et moyennes entreprises (PME) du secteur défense, avec un objectif de mise en oeuvre fin 2012». Il prévoit notamment de simplifier les autorisations d'exportation d'armes pour les PME, ce qui répond à une demande des industriels.

Si les exportations d'armes constituent un volet important de la politique de défense et de sécurité française, le gouvernement dit insister sur un contrôle rigoureux du commerce des armes. Le ministre annonce notamment la présentation d'ici la fin de l'année d'un projet de loi instaurant un régime d'autorisation préalable pour le courtage en matériel de guerre.