Ce que l'union Européenne coûte à la France

Céline Boff

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Une vue de la Commission à Bruxelles.
Une vue de la Commission à Bruxelles. — SIPA

Combien d'argent la France versera à l'Europe entre 2014 et 2020 ? C'est l'enjeu du sommet qui s'ouvre ce jeudi à Bruxelles. Les chefs d'Etat et de gouvernement des 27 pays de l'Union se retrouvent jusqu'à vendredi pour fixer le montant des dépenses sur cette période, mais surtout leur répartition (innovation, agriculture, etc.).

13,2 milliards pour la France en 2013
Si certains pays militent pour une hausse des dépenses, les principaux contributeurs, à commencer par l'Allemagne et le Royaume-Uni, veulent les stabiliser à 1 % de la richesse communautaire (le revenu national brut ou RNB). C'est aussi la volonté de la France. Mais elle l'affiche moins clairement, « parce qu'elle veut conserver un haut niveau d'aides », explique Nicolas-Jean Brehon, enseignant à Paris-I Sorbonne et spécialiste des finances communautaires. Depuis 2006, la France est le premier bénéficiaire des crédits européens. En 2013, l'Europe lui donnera 13,2 milliards pour accompagner son agriculture, ses entreprises et l'aménagement de son territoire (routes, aéroports, etc.). Mais la même année, la France lui versera 19 milliards, soit 300 € par habitant. L'Hexagone n'est pas le seul contributeur net de l'UE. L'Allemagne est bon premier, avec un solde négatif de 10 milliards, et malgré leur rabais, les Anglais abandonnent chaque année 5,5 milliards à l'Europe, quasi autant que les Français.
Pour ne pas froisser ces gros payeurs, l'Europe a déjà revu quatre fois à la baisse ses exigences et propose un budget 2014-2020 à 973 milliards (1,02 % du RNB), soit 110 milliards de plus que le budget 2007-2013. Mais pour y arriver, elle a dû couper dans les futures dépenses, celles de la politique agricole commune (- 22 milliards), ce qui fait tousser la France, et surtout celles des fonds structurels (- 70 milliards pour les aides aux régions), ce qui fait hurler bien des pays. Du coup, « il n'y aura pas d'accord lors de ce sommet », prévient Brehon, « mais de nouvelles propositions seront faites et tout sera réglé en décembre. C'est toujours le même scénario. »