Areva: Les syndicats veulent une copie de l'accord avec la Chine

Reuters

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Le Comité de groupe européen (CGE) d'Areva demande au spécialiste public du nucléaire de lui transmettre une copie d'un protocole d'accord franco-chinois prévoyant la construction d'un réacteur de moyenne puissance, a déclaré mercredi Maureen Kearney, secrétaire du bureau du CGE, confirmant une information du Parisien.

Signé le 19 octobre avec EDF et China Guangdong Nuclear Power Corporation Holding (CGNPC), le texte prévoit notamment la mise en commun d'équipes en vue d'élaborer un nouveau réacteur de troisième génération.

«On a voté une résolution à l'unanimité pour obtenir l'accord», a déclaré à Reuters Maureen Kearney, précisant que le CGE, instance représentative des salariés d'Areva, déposerait un recours en référé devant le tribunal de grande instance de Paris s'il n'obtenait pas le texte.

Inquiétude autour des transferts de technologie

Les syndicats redoutent en particulier que les transferts de technologies prévus dans l'accord avec EDF et la Chine n'aillent trop loin.

«On voudrait clarifier la situation sur EDF, Areva et la Chine (...) On a rendez-vous lundi avec la direction, on espère éviter le référé et avoir une copie de l'accord», a dit Maureen Kearney.

Une porte-parole d'Areva n'a pas précisé si le groupe donnerait aux syndicats l'accès au protocole d'accord.
«Cet accord porte sur les études conceptuelles, engagées depuis déjà des mois avec l'accord des autorités françaises (...) Les syndicats ont été informés dès le départ de ces travaux avec CGNPC et EDF, on est toujours dans une phase de travaux préliminaires», a-t-elle ajouté.

Partenariat global avec Pékin

La conception de réacteurs de moyenne puissance, destinés à la fois à la Chine et à d'autres marchés, répond à la nécessité pour la filière nucléaire française d'élargir sa gamme aujourd'hui réduite pour l'essentiel au réacteur de grande puissance EPR.

L'Elysée avait annoncé dès février 2011 que le développement d'un réacteur envisagé par EDF avec le chinois CGNPC se ferait dans le cadre d'un partenariat global avec Pékin, auquel tous les acteurs de l'industrie nucléaire française seraient associés.

Le premier Conseil de politique nucléaire du gouvernement, fin septembre, a de son côté réaffirmé le caractère stratégique d'un partenariat «durable et équilibré avec la Chine».