Fruits et légumes : des revendications au kilo

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Plusieurs centaines de personnes se sont pressées jeudi matin place de la Bastille pour acheter les 15 tonnes de fruits et légumes vendues directement par des producteurs du Modef, sur initiative du PCF.
Plusieurs centaines de personnes se sont pressées jeudi matin place de la Bastille pour acheter les 15 tonnes de fruits et légumes vendues directement par des producteurs du Modef, sur initiative du PCF. — Olivier Laban-Matei AFP

Des rabais de 50 % sur les fruits et légumes ont attiré des centaines de consommateurs, prêts à faire la queue sous la pluie pendant des heures hier. A l'initiative du Mouvement de défense des exploitations familiales (Modef), des producteurs ont vendu au public 75 tonnes de marchandises dans une quarantaine de lieux en région parisienne. Leur objectif, dénoncer les marges des grandes surfaces. « En août, le kilo de courgettes nous était payé 0,25 e, mais il s'affichait entre 1,50 et 2 e dans les rayons frais », s'est insurgé Michel Morisset, secrétaire général du Modef Lot-et-Garonne.

Cette situation, décriée chaque année par les paysans, dure depuis vingt ans. En 1986, la déréglementation des prix a mené à ces abus, selon le Modef. Et les mesures adoptées pour y remédier ne sont pas appliquées. « Depuis 1999, le gouvernement peut obliger les supermarchés à afficher le prix payé au producteur à côté du prix de vente. Cet outil n'est jamais utilisé alors qu'il induirait une vraie prise de conscience », déplore l'UFC-Que Choisir. En cas de chute brutale des prix, l'intervention est rarissime pour fixer un minimum et limiter la marge des hypers, alors que c'est possible depuis 2005.

Angeline Benoit

Selon un calcul de La Tribune publié hier, les prix des cinq primeurs parmi les plus consommés de l'été (nectarine, pêche, melon, tomate, prune et reine-claude) ont augmenté en moyenne de 17,7 % par rapport à 2005.