«The Economist» répond à son tour au gouvernement

REACTIONS Le magazine britannique répond aux propos tenus par différents membres du gouvernement, qui répondaient eux-mêmes à la Une provocante du magazine...

Avec agences

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Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, le 17 otobre 2012, à sa sortie du Conseil des ministres à l'Elysée.
Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, le 17 otobre 2012, à sa sortie du Conseil des ministres à l'Elysée. — VILLARD/SIPA

Jean-Marc Ayrault, Arnaud Montebourg ou encore Pierre Moscovici... Ils ont tous répondu au magazine britannique The Economist qui qualifie la France de «bombe à retardement au coeur de l'Europe» à la Une de sa dernière édition. A son tour, le magazine répond au gouvernement, dans un entretien vidéo accordé ce vendredi aux Echos

Si John Peet, rédacteur Europe de The Economist, reprend la plupart des idées qu'il avait déjà défendu jeudi en exclusivité dans 20 Minutes, il ajoute que dans les pages intérieures du magazine «l'analyse est sans doute plus convaincante» que la Une et qu'elle n'est pas «provocante». Il espère surtout «que cette analyse sera lue et qu'elle encouragera les réformistes en France, par exemple monsieur Montebourg». 

>> Retrouvez l'interview du rédacteur Europe du magazine réalisée par 20 Minutes.

«Bombe à retardement au coeur de l'Europe»

Dans sa dernière édition, le magazine britannique qualifie à la Une la France de «bombe à retardement au coeur de l'Europe», et l'illustre par une bombe où les bâtons de dynamite sont remplacés par des baguettes de pain liées par un ruban tricolore. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault avait dénoncé jeudi soir «l'outrance» du magazine. Ce vendredi matin, Arnaud Montebourg a qualifié l'hebdomadaire de «Charlie Hebdo de la City». «Ce sont des caricatures dignes de Charlie Hebdo car franchement The Economist ne s'est jamais distingué pour son sens de la modération. C'est le Charlie Hebdo de la City (le quartier financier de Londres, NDLR)», a estimé le ministre de Redressement productif sur Europe 1.

De son côté, Pierre Moscovici dans un entretien accordé au très influent Financial Times, a estimé que «la France n'est pas l'homme malade de l'Europe. La France reste la cinquième puissance économique en pleine possession de ses ressources mais elle doit retrouver sa compétitivité».

En revanche, si Laurence Parisot, la présidente du Medef, a déploré une Une et un titre «tout à fait exagérés», elle a estimé que cette couverture provocatrice recouvrait «quelque chose de juste». «La France est au coeur de l'Europe. Si la France s'effondre, c'est toute l'Europe qui s'effondre», a-t-elle jugé sur RMC Info et BFMTV. «En réalité, The Economist a un temps de retard, parce que tout son dossier a été conçu avant le rapport Gallois et les premières décisions du gouvernement en faveur de la compétitivité de notre pays», a ajouté la représentante du patronat français.