Ayrault défend en Allemagne le «sérieux budgétaire» français

EUROPE En visite à Berlin jeudi, le Premier ministre a répondu aux critiques allemandes sur le laxisme français...

Avec Sipa

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Jean-Marc Ayrault, le 15 novembre à Berlin.
Jean-Marc Ayrault, le 15 novembre à Berlin. — Steffi Loos/AP/SIPA

C'est la réponse du berger à la bergère. Jean-Marc Ayrault a défendu jeudi à Berlin sa politique économique, expliquant que son gouvernement s'était attelé à la «tâche impérieuse» de redresser la France.

Lors d'un colloque organisé par le quotidien Süddeutsche Zeitung, Jean-Marc Ayrault a dit connaître l'attention portée en Allemagne à la politique économique française, ajoutant que son pays observait «toujours» les évolutions outre-Rhin. «Cet intérêt croisé est naturel», a-t-il jugé. Cette déclaration semble destinée à mettre fin à l'émoi qu'avaient suscité les échos de presse faisant état d'inquiétudes allemandes quant à la santé de l'économie française.

Des objectifs de réduction des déficits confirmés

Jean-Marc Ayrault a ensuite détaillé la stratégie de son gouvernement. «Le retour de la croissance et la réduction du chômage sont notre unique boussole», a-t-il expliqué.

Le Premier ministre a rappelé que la France avait ratifié le traité européen de stabilité budgétaire (TSCG) «pour contribuer à la stabilité de la zone euro». «Nous avons également pris nos responsabilités en nous attaquant résolument à nos propres déficits publics», a-t-il ajouté, insistant sur «le sérieux budgétaire» du gouvernement socialiste. «Dès cette année, le déficit sera réduit à 4,5% du PIB» et «nous respecterons l'objectif de 3% qui a été fixé pour 2013», a-t-il promis.

Espoir de «tournant historique» des négociations sur l’emploi

Jean-Marc Ayrault a fait valoir que les mesures contenues dans le pacte de compétitivité qu'il a présenté le 6 novembre sont «sans précédent pour la France par leur ampleur: 20 milliards d'euros d'allègement du coût du travail pour les entreprises». Il a promis que les économies de dépenses à venir seraient elles aussi «sans précédent». Elles résulteront de réformes structurelles qui rendront l'action publique à la fois «plus économe» et «plus efficace», a-t-il affirmé.

Le Premier ministre a confié attendre «beaucoup» de la négociation en cours sur le marché du travail. A ses yeux, c'est un «chantier essentiel pour allier sécurité et capacité d'adaptation et d'anticipation, pour les salariés et pour les entreprises». Si la négociation entre les partenaires sociaux aboutit, elle constituera «un tournant historique» dans l'organisation du marché du travail français, a-t-il souligné.