La crise fauche les familles monoparentales

SOCIAL Un colloque organisé jeudi, a évoqué les mesures à prendre pour les aider...

Delphine Bancaud
— 
Le calcul du seuil de pauvreté est basé sur le revenu médian
Le calcul du seuil de pauvreté est basé sur le revenu médian — JS EVRARD/SIPA

«Je suis scandalisée, car on ne dit jamais que les familles monoparentales sont les premières victimes de la crise», s'indigne Christine Kelly, présidente de la Fondation K d'urgences, qui leur vient en aide. Pour favoriser cette prise de conscience chez les politiques et le grand public, elle a organisé ce jeudi un colloque sur le sujet.

Un accès difficile à l'emploi

La thématique est d'autant plus essentielle, selon Yvon Merlière, directeur général du Crédoc, «que les familles monoparentales ne cessent d'augmenter. Elles représentent plus de 25 % des familles aujourd'hui, contre 10 % en 1968, et 21 % des enfants français vivent dans ces ménages, contre 8 % à la fin des années 1960.» Un contexte qui s'explique selon lui par la fragilité croissante des unions, «car dans les années 1960, 55 % des personnes à la tête des familles monoparentales étaient veuves, contre 10 % aujourd'hui». Avec à la tête de ces foyers, une majorité de femmes (85 %).

Autre évolution : les familles monoparentales se sont appauvries avec les années. Selon l'Insee, leur taux de pauvreté est passé de 30,9 % en 2009 à 32,2 % en 2010. Principale raison à cela, selon Yvon Merlière : «21 % des femmes à la tête de ces foyers sont inactives. Ces dernières ont du mal à trouver un emploi, car elles n'ont pas les moyens de faire garder leurs enfants, c'est un cercle vicieux.» Et pour celles qui y parviennent, «il s'agit souvent d'emplois précaires, à temps partiel subi. La crise, avec l'explosion du chômage et la flambée de l'immobilier, a aggravé leur situation», souligne Didier Gelot, secrétaire général de l'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale.

A leurs conditions de vie matérielles difficiles s'ajoute souvent l'isolement affectif. Une double peine qui ne les aident pas à s'en sortir. «Pourtant, il suffit parfois d'un rien pour les aider, car elles sont bagarreuses », commente Christine Kelly, qui milite en premier lieu pour un accès prioritaire pour ces familles à un mode de garde d'enfants à bas coût.