Emprunt, achat groupé, glanage... Plus d'un Français sur deux consomme «différent»

TENDANCE 53% des Français sont «significativement» engagés dans de nouvelles façons de consommer, selon une enquête réalisée par l'Observatoire des consommations émergentes (Obsoco)...

Céline Boff

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Le magasin Troc.com, à Plan de Campagne (Bouches-du-Rhône).
Le magasin Troc.com, à Plan de Campagne (Bouches-du-Rhône). — BORIS HORVAT / AFP

Emprunter des produits, les réaliser soi-même, échanger des services… Ce ne sont plus des pratiques marginales. 53% des Français sont «significativement» engagés dans ces nouvelles consommations, selon une enquête réalisée par l’Obsoco, l’Observatoire des consommations émergentes. «Il s’agit plutôt de CSP+», note Philippe Moati, co-président de l’organisme.

La percée de l’achat groupé

L’Obsoco a identifié une douzaine de pratiques «alternatives». Parmi elles, l’achat de produits d’occasion est la plus diffusée: elle concerne 60% des Français et 49% déclarent avoir procédé à la revente d’au moins un produit au cours des 12 derniers mois. L’emprunt entre particuliers a également le vent en poupe, surtout pour les produits culturels ou le matériel de bricolage, mais aussi pour la voiture (10%). Le glanage, c’est-à-dire la récupération d’objets dans la rue, concerne 38% des sondés, juste devant l’achat groupé –une offre récente qui a déjà séduit 37% des Français. Plus rares, le recours au SEL, comprenez à l’échange de produits et de compétences, est adopté par 4% des Français.

La volonté de consommer «mieux»

Si les ménages se convertissent à ces pratiques «nouvelles», ce n’est pas pour condamner la société de consommation. Au contraire: 69% des Français considèrent que consommer «contribue fortement au bonheur». L’enjeu, pour plus d’un citoyen sur deux (52%), c’est de consommer «mieux». C’est-à-dire de donner du sens à son achat, de desserrer la contrainte budgétaire, de faire un geste pour l’environnement et de rechercher du lien social. Les Français voudraient surtout que les produits durent plus longtemps –c’est le premier critère cité lorsqu’ils sont interrogés sur la définition qu’ils donnent à «consommer mieux».

«Ré-enchanter la consommation»

«Il y a aussi clairement la volonté de ré-enchanter la consommation, de faire en sorte que consommer redevienne un acte un peu plus rigolo», avance Philippe Moati. Pour l’expert, ce phénomène n’est «ni un effet de mode, ni une généralisation du comportement «bobo», mais une tendance de fond aidée par le développement des nouvelles technologies». Et ces pratiques devraient continuer de s’enraciner et de monter en puissance à mesure que l’offre se structurera.

Méthodologie de l’enquête

Cette étude a été réalisée en ligne par Opinéa du 9 au 23 juillet 2012 auprès de 4.072 personnes représentatives de la population française (méthode des quotas).