Crédit Agricole dans le rouge au troisième trimestre

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Crédit Agricole étudie, parmi d'autres scénarios, les modalités de son retrait de Grèce et de sa filiale Emporiki, ainsi que la possibilité de la fusionner avec d'autres banques grecques en cas de sortie du pays de la zone euro
Crédit Agricole étudie, parmi d'autres scénarios, les modalités de son retrait de Grèce et de sa filiale Emporiki, ainsi que la possibilité de la fusionner avec d'autres banques grecques en cas de sortie du pays de la zone euro — Lionel Bonaventure afp.com

Le groupe bancaire Crédit Agricole SA a subi une lourde perte nette de 2,85 milliards au troisième trimestre, beaucoup plus importante que prévu par les analystes, largement due à la cession d'Emporiki en Grèce, selon un communiqué publié vendredi. La vente de cette filiale à un autre établissement hellène, Alpha Bank, a pesé à hauteur de 1,96 milliard d'euros sur le résultat du véhicule coté de la banque verte. Les analystes tablaient en moyenne sur une perte nette de 1,76 milliard, selon le consensus établi par l'agence DowJones Newswires.

Réévaluation de la dette

Au-delà du prix à payer pour mettre un terme à sa coûteuse aventure grecque, Crédit Agricole SA a été plombé par la réévaluation de sa dette, liée à l'amélioration des conditions de marché, pour 647 millions d'euros et une dépréciation d'écart d'acquisition en crédit à la consommation à hauteur de 572 millions. Egalement au chapitre des éléments non récurrents qui l'ont enfoncé dans le rouge: la déconsolidation de la banque espagnole Bankinter, dont il est passé sous le seuil de 20% du capital en août, pour 193 millions, et l'impact de la cession de sa filiale de courtage Cheuvreux, pour laquelle il est entré en négociations exclusives avec le courtier Kepler cet été, pour 181 millions. En dehors de ces exceptionnels, Crédit Agricole SA fait valoir que son bénéfice net s'élève à 716 millions d'euros, traduisant selon le groupe "une performance opérationnelle satisfaisante". Son produit net bancaire (PNB, équivalent au chiffre d'affaires) recule de 31,9%, à 3,43 milliards d'euros, mais la banque relève que la réévaluation de sa dette l'a rogné à hauteur d'un milliard. De même, son résultat brut d'exploitation s'effondre de 80,3% mais le repli n'est plus que de 8,2% hors éléments exceptionnels.

Les résultats du groupe Crédit Agricole dans sa totalité plongent également dans le rouge, dans le sillage de ceux de Crédit Agricole SA, avec une perte nette de 2,21 milliards d'euros, mais le résultat des caisses régionales est positif (853 millions). "Les performances des caisses régionales et la performance opérationnelle des métiers de Crédit Agricole SA ont permis d'amortir le +choc+ lié à la Grèce", insiste le groupe dans son communiqué. Le ratio de fonds propres "durs" (capital et bénéfices mis en réserve rapportés aux crédits consentis) atteignait 9,3% pour Crédit Agricole SA, fin septembre. Ce ratio s'affichait à 11,3%, un niveau très élevé, à l'échelle du groupe, qui a confirmé qu'il visait un ratio supérieur à 10% fin 2013, selon le mode de calcul prévu par le futur cadre réglementaire Bâle III, une fois sa pleine entrée en vigueur fin 2018. Concernant son plan d'adaptation, la banque indique avoir déjà atteint ses objectifs fixés en décembre 2011 et être même allé au-delà, en réduisant par exemple de 59 milliards d'euros ses besoins de financement quand elle avait annoncé un but de 50 milliards.