Les Européens n'entendent pas relâcher la pression sur la Grèce, y compris la BCE

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Les Européens n'entendent pas relâcher la pression sur la Grèce malgré un nouveau plan d'économies adopté mercredi soir, et salué par la Banque centrale européenne (BCE) qui réunissait jeudi son conseil des gouverneurs à Francfort (ouest).
Les Européens n'entendent pas relâcher la pression sur la Grèce malgré un nouveau plan d'économies adopté mercredi soir, et salué par la Banque centrale européenne (BCE) qui réunissait jeudi son conseil des gouverneurs à Francfort (ouest). — Daniel Roland afp.com

Les Européens n'entendent pas relâcher la pression sur la Grèce malgré un nouveau plan d'économies adopté mercredi soir, et salué par la Banque centrale européenne (BCE) qui réunissait jeudi son conseil des gouverneurs à Francfort (ouest).

"La BCE salue le résultat du vote hier", a déclaré son président Mario Draghi lors de sa conférence de presse mensuelle.

"C'est un pas important franchi par le gouvernement grec et les citoyens grecs. Cela représente un réel progrès par rapport à il y a quelques mois", a-t-il ajouté.

Pour autant, la BCE ne peut pas aider la Grèce à sortir de la nasse financière dans laquelle elle se trouve, a-t-il signifié, renvoyant Athènes, qui aimerait bien que l'institution monétaire renonce au remboursement des obligations grecques en sa possession, vers ses partenaires européens.

"Cela s'apparenterait à du financement monétaire (...) ce que nous ne pouvons pas faire", a déclaré M. Draghi, rappelant que les statuts de la BCE lui défendent de financer les déficits publics des 17 Etats ayant l'euro pour monnaie commune.

En revanche, a-t-il dit, ces Etats peuvent renoncer aux bénéfices retirés de ces obligations, et qui leur sont redistribués par la BCE, pour les offrir à la Grèce.

Or certains partenaires d'Athènes, et en particulier l'Allemagne, ne semblent pas prêts à se montrer davantage magnanimes, tout en assurant de leur volonté de maintenir la Grèce dans leurs rangs.

Pour Berlin, il n'est pas question d'une solution impliquant de remettre à nouveau au pot, après les milliards d'euros déjà consentis à Athènes.

Le gouvernement grec pensait que le vote de son parlement allait lui permettre de toucher enfin la prochaine tranche d'aide promise, d'un montant de 31,2 milliards d'euros, mais gelée depuis juin, afin de pouvoir honorer un remboursement d'emprunt le 16 novembre.

Cependant, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a refroidi ces attentes jeudi, en affirmant qu'il n'attendait pas d'accord entre la Grèce et ses créanciers "dans les prochaines semaines".

Le porte-parole de la Commission européenne a lui aussi salué le vote mais a insisté sur le vote dimanche du budget 2013 en Grèce, qui sera selon lui également "crucial pour permettre à l'Eurogroupe de lundi d'avancer dans les discussions".

A Francfort, alors que les perspectives économiques pour la zone euro dans son ensemble se sont encore ternies, M. Draghi a donné le sentiment du devoir accompli.

Selon lui, son nouveau programme de rachat d'obligations (programme OMT), annoncé en septembre, a permis "une série d'améliorations sur les marchés", avec notamment le retour des investisseurs étrangers et en particulier américains.

Quant aux taux d'emprunt espagnols et italiens, qui s'étaient envolés au cours de l'été à un point tel que le scénario d'un éclatement de la zone euro a fait son chemin, ils ont retrouvé des niveaux supportables.

Situation confirmée jeudi avec une émission espagnole de 4,763 milliards d'euros à un taux en baisse à 3 et 5 ans, mais en hausse à 20 ans. Une émission avec laquelle Madrid a bouclé son programme d'émissions obligataires pour 2012.

Et tout cela sans même qu'un cent n'ai été déboursé puisque aucun Etat n'a fait de demande d'aide, condition essentielle posée par la BCE.

"Nous sommes prêts à agir", a réaffirmé M. Draghi, l'air satisfait de son instrument, qui a fourni "un rempart efficace" contre la crise de la dette.

Mais pour combien de temps encore, s'interrogent certains analystes.

Alors que Carsten Brzeski d'ING soulignait que cet outil n'avait rien de "magique" et ne pourrait pas restaurer la croissance en zone euro, M. Draghi a admis que l'économie en zone euro "devait rester faible" pour un certain temps et que ses services allaient sans doute réviser leurs prévisions de croissance en décembre.

La BCE n'entend pas pour autant baisser à nouveau son taux d'intérêt, qui stationne à 0,75% depuis juillet, alors que ce niveau déjà très faible n'a pas permis de relancer la machine économique.

"La priorité est de réparer les canaux de transmission de la politique monétaire", a dit M. Draghi, à savoir permettre que son action sur les taux ait un effet réel sur l'économie.

Il est aussi "crucial" que les gouvernements poursuivent leurs réformes structurelles et budgétaires, pour assainir leurs finances, a-t-il ajouté.