PSA Aulnay-Sous-Bois: Des pistes pour éviter la voie de garage pour les salariés

Jérôme Comin

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Un salarié de l'usine PSA d'Aulnay le 12 juillet 2012
Un salarié de l'usine PSA d'Aulnay le 12 juillet 2012 — V.Wartner/20 Minutes

Des propositions et des garanties. A l’issue de la réunion tripartites consacrée à la revitalisation du site PSA d'Aulnay (Seine-Saint-Denis), qui s’est tenue ce jeudi à la préfecture de Bobigny, la direction a assuré aux syndicats et élus que 1.246 nouveaux emplois pouvaient s’installer sur le site, dont 980 créations nettes. Une annonce importante alors que 3.000 postes doivent être supprimés d’ici à 2014 et que PSA assure pouvoir reclasser 1.500 personnes à l'usine de Poissy (Yvelines). Tour d’horizon des possibles pistes d’emploi.

Le Grand Paris Express. C’est la dernière piste en date, révélée mercredi soir par France Info. Il s’agirait de transformer l’usine en un site de maintenance des futures rames du GPE, ce qui permettrait de sauver entre 350 et 400 emplois à Aulnay. Le hic: cette activité semblait être prévue pour le site de Gonesse. «En déshabillant Pierre pour habiller Paul, cette conception de la revitalisation est un piège, tance Hervé Bramy, secrétaire départementale PCF dans un communiqué. Surtout ces derniers [emplois] n’arriveraient au mieux qu’en 2018, soit quatre ans après le licenciement du dernier salarié d’Aulnay.»

ID Logistics. Le groupe français de logistique, au chiffre d’affaires de 410,2 millions d’euros, qui souhaite s’implanter sur le site d’Aulnay pourrait proposer 600 emplois. « Ceux-ci pourront être proposés aux salariés du site d'Aulnay intéressés dans le cadre du processus de revitalisation qui va être engagé en collaboration avec les organisations syndicales », indiquait a la fin octobre PSA dans un communiqué. « Nous, on demande à voir, précise Erraai Larbi (CFDT). A partir du moment où PSA accepte une close de droit de retour, obligeant la direction à reprendre les salariés en cas de départ de ces sociétés, on est partants. »

Safran. Le motoriste aéronautique, contrôlé à 30% par l'Etat, estimait en juillet être en mesure d'accueillir jusqu'à 400 salariés de PSA, mais pas forcément sur le site d'Aulnay. Le groupe s'est montré intéressé par la proximité avec PSA sur plusieurs métiers. «Le problème est que ces offres concernent surtout des postes de maintenanciers, généralement plus qualifiés, et qui ne devraient pas avoir de mal à trouver un emploi, tempère Tanja Sussest  du syndicat majoritaire SIA chez PSA. Mais quid des salariés sans diplôme?»

SNCF. «S'il y a des gens qui viennent du secteur automobile, on y fera particulièrement attention. Il y a tout un savoir-faire dans les usines automobiles que nous savons, nous, utiliser à la SNCFCet été, Guillaume Pépy, le patron de la SNCF, était lui aussi prêt à accueillir des employés de PSA, sans toutefois préciser dans quelle proportion.

L’invité mystère. Dans le cadre de la réunion tripartite de jeudi, PSA a évoqué la possibilité de voir arriver une autre société dont le nom n’a pas été communiqué et qui serait prête à engager environ 250 personnes. «Même si ce sont des pistes sérieuses, nous voulons des engagements écrits, conclut Tanja Sussest. Car on ne veut pas d’entreprises qui vont rester un an ou deux pour profiter des aides avant de quitter la région.»