La BCE laisse son taux directeur inchangé

© 2012 AFP

— 

A Francfort, alors que les perspectives économiques pour la zone euro dans son ensemble se sont encore ternies, M. Draghi a donné le sentiment du devoir accompli.
A Francfort, alors que les perspectives économiques pour la zone euro dans son ensemble se sont encore ternies, M. Draghi a donné le sentiment du devoir accompli. — Johannes Eisele afp.com

La Banque centrale européenne (BCE) a maintenu jeudi son principal taux directeur à 0,75%, un plus bas niveau historique auquel il stationne depuis quatre mois, a annoncé un porte-parole de l'institution monétaire.

Cette décision était largement anticipée par les analystes, qui considèrent qu'une baisse du taux n'aurait que peu d'effet sur la conjoncture, à l'instar de celle de juillet (de 0,25 point) qui a échoué à relancer la machine économique.

«Baisser les taux dans l'environnement actuel de forte segmentation des marchés risque de stimuler la croissance là où c'est le moins nécessaire», jugeait avant la décision Dirk Schumacher, de Goldman Sachs. C'est-à-dire qu'elle aurait profité aux économies solides, comme celle de l'Allemagne, et pas à celles qui vont mal.

Aucune annonce attendue

Aucune annonce n'est a priori attendue lors de la conférence de presse du président de la BCE, Mario Draghi, qui se tiendra à 13H30 GMT à l'issue de la réunion du conseil des gouverneurs. L'institution monétaire de Francfort (ouest) devrait se cantonner, comme en octobre, à un rôle d'observateur de la crise, alors que son programme de rachat de dette des Etats baptisé OMT continue d'offrir un bol d'air à la zone euro.

Il n'a pourtant toujours pas été enclenché, aucun Etat n'ayant réclamé l'aide du fonds européen de secours, condition posée par la BCE pour agir. L'Espagne, pressentie pour l'inaugurer, s'y refuse jusqu'à présent, craignant de devoir se plier à de nouvelles mesures d'austérité et arguant que les marchés sont suffisamment apaisés grâce à la création de l'OMT.

Les coûts d'emprunt espagnols, comme italiens, sont en effet retombés à des niveaux bien plus supportables qu'au cours de l'été, souligne Christian Schulz. Situation confirmée jeudi avec une émission de 4,763 milliards d'euros à un taux en baisse à 3 et 5 ans, mais en hausse à 20 ans. Avec cette émission, Madrid a bouclé son programme d'émissions obligataires pour 2012.