Electricité: Pas de pénurie en vue cet hiver

Claire Planchard

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Pylones electriques et lignes a haute tension.
Pylones electriques et lignes a haute tension. — EVRARD/SIPA

Un hiver à basse tension pour le réseau électrique français. Selon RTE, sauf énorme catastrophe climatique, le risque de rupture d’approvisionnement sera en effet modéré pour l’ensemble de l’hiver 2012/2013.

Des scénarios d’offre et de demande équilibrés

Raison de cet optimisme: une situation d’équilibre entre offre et demande estimée «satisfaisante» et même plutôt meilleure que l’an passé. Côté consommation, RTE note en effet une «grande stabilité» de la demande d’électricité dans des conditions climatiques normales. «Depuis deux ans, son évolution est plus ralentie que celle du PIB, cela montre l’effectivité de la sensibilisation de nos concitoyens aux économies d’énergie mais aussi un effet crise évident», analysait jeudi Dominique Maillart, le président du directoire de RTE. Et côté offre, RTE souligne aussi «une évolution du parc de production plutôt positive» «du fait d’un planning d’arrêt et de maintenance plus favorable et de l’arrivée de nouveaux moyens de production (centrales éoliennes et cycles combinés gaz)».

Résultat: pendant cet hiver, RTE estime que la France devrait rester exportatrice d’électricité en cas de températures normales et ne prévoit qu’un recours à l’importation très limité en cas de «froid intense et durable», soit un scénario de températures inférieures de 6 à 8 degrés aux normales saisonnières pendant trois à quatre jours consécutifs).

Un épisode de grand froid qui pourrait survenir selon RTE «dans la deuxième quinzaine du mois de janvier» et qui nécessiterait alors un recours aux importations de l’ordre de 5.400 MW. Un besoin jugé «compatible» à la fois avec les capacités d’interconnexions de notre réseau avec nos voisins européens mais aussi avec leurs capacités d’exportation, même en cas de grand pic de froid. «La consommation de l’électricité y est beaucoup moins sensible à la température car ces pays ont moins développé un usage thermique de l’électricité [pour le chauffage] et à l’exception de la Belgique, la disponibilité de la production en Europe devrait rester assez comparable à celle de l’an dernier», a expliqué Dominique Maillart.

La Bretagne et le Sud-Est toujours fragiles

Les seuls points d’inquiétude portent toujours sur la Bretagne et l’est de la région Paca (Var et Alpes-Maritimes); «deux péninsules électriques» déficitaires en moyens de production qui restent «fragiles».

En l’absence de «filets de sécurité», dont la mise en place est prévue à l’horizon 2015-2017, RTE pourrait ainsi devoir ponctuellement «délester», c'est-à-dire couper une partie de l’approvisionnement pour «éviter de mettre tout le monde dans le noir». Un scénario extrême qu’il espère éviter en renforçant ponctuellement le réseau, en passant des «contrats d’effacement» avec certains gros clients industriels comportant des engagements de baisse de consommation contre rémunération.

Mais aussi en continuant à sensibiliser les habitants via son initiative Ecowatt: des alertes mails et SMS envoyées de période en pointe hivernale pour les inciter à modérer leur consommation d’électricité. «En Bretagne, où 30.000 volontaires ont adhéré, cela représente une contribution de 30 MW», souligne Dominique Maillart. Une simple étincelle, certes, mais tout est bon à prendre pour éviter un black-out.