EADS confirme ses perspectives de croissance de 10% en 2012

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Après avoir souffert à sa naissance des ingérences de la France, le géant européen de l'aéronautique et la défense EADS a demandé jeudi à l'Allemagne, son futur actionnaire, de respecter son indépendance.
Après avoir souffert à sa naissance des ingérences de la France, le géant européen de l'aéronautique et la défense EADS a demandé jeudi à l'Allemagne, son futur actionnaire, de respecter son indépendance. — Joel Saget afp.com

Le géant européen de l'aéronautique EADS a confirmé jeudi ses perspectives de croissance de plus de 10% pour 2012 malgré une stagnation de ses bénéfices au troisième trimestre. Un mois après l'échec de sa tentative de fusion avec le fabricant d'armes britannique BAE Systems pour former un géant mondial du secteur, EADS n'a pas dévoilé de nouvelle stratégie. Son directeur financier, Harald Wilhelm, a rappelé dans une conférence téléphonique que cette fusion aurait permis d'un coup de parvenir à équilibrer activités civiles et militaires, dans un groupe actuellement dominé par les avions commerciaux, mais sans laisser entendre qu'EADS renonçait à cet objectif à long terme.

Le bénéfice d'août à fin octobre s'est élevé à 309 millions d'euros, contre 312 millions sur la même période de 2011, soit une baisse de 1%. Cette stagnation est due au fait que l'année dernière Airbus avait arrêté la production de son quadriréacteur A340 qui ne se vendait plus, soulageant ainsi ses comptes, a expliqué M. Wilhelm, dans une conférence téléphonique. Sur neuf mois, ses résultats font toutefois plus que doubler, à 903 millions d'euros, contre 421 millions il y a an. Le chiffre d'affaires a progressé de 15% au troisième trimestre, à 12,3 milliards d'euros, et de 14% sur neuf mois, à 37,3 milliards d'euros. Le groupe confirme, "avec une confiance accrue", ses perspectives de bénéfice par action (BPA) de 1,95 euros, a ajouté M. Wilhelm. Il prévoit une croissance de son chiffre d'affaires "de plus de 10%", alors qu'il parlait simplement de 10% à la fin du premier semestre. Les commandes d'Airbus, la principale division du groupe avec 70% du chiffre d'affaires, n'atteignent plus les sommets de l'année dernière, quand son moyen-courrier A320Neo pulvérisait les records de vente, mais le carnet de commandes représente sept années de production.

Les programmes civils dans les temps

EADS s'est d'ailleurs félicité d'une belle progression des commandes dans les autres divisions: 31% chez Eurocopter (numéro un mondial des hélicoptères civils) et 23% chez Astrium (espace). Même sa division défense, Cassidian, sous une nouvelle direction depuis septembre, a enregistré une progression des commandes de 31% sur neuf mois, "malgré l'instabilité macroéconomique et la stagnation des budgets de défense", a souligné M. Wilhelm. Les grands programmes d'avions civils sont dans les temps. Le premier vol de l'A350XWB, long-courrier fabriqué en majorité de matériaux composites, est toujours prévu pour la mi-2013, pour une entrée en service fin 2014. "Le programme demeure toutefois très ambitieux", reconnaît l'avionneur.

Airbus affirme en outre progresser conformément au calendrier établi concernant la solution aux problèmes de fissures sur les pieds de nervure des ailes du superjumbo A380. Airbus prévoit toujours de livrer 30 A380 en 2012, ce qui signifie une charge totale pour les pieds de nervure de 260 millions d'euros environ sur l'exercice complet, précise-t-il. Le retard dans les livraisons d'A380 a contribué à inverser le flot de trésorerie, devenu négatif sur les trois premiers trimestres. M. Wilhelm espère revenir à l'équilibre à la fin de l'année, quand les 30 A380 auront été livrés.

La trésorerie a aussi été affectée par les investissements nécessaires pour augmenter les cadences de production, a ajouté le directeur financier. "Elle serait aussi en meilleur état si l'Allemagne avait payé", les 600 millions d'euros qu'elle doit au titre de l'aide au développement de l'A350, a-t-il ajouté. EADS a enfin dû inscrire une charge de 76 millions d'euros à la suite de l'arrêt du programme d'avions d'affaires à réaction de l'américain Hawker Beechcraft, avec lequel il avait un accord de maintenance.