Dexia: Accord entre Paris et Bruxelles pour de nouveau renflouer la banque

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La banque franco-belge Dexia pourrait avoir besoin rapidement d'une injection de capital, si les conditions de marchés lui restent défavorables, a estimé le gouverneur de la Banque nationale de Belgique (BNB), Luc Coene, dans un entretien au quotidien belge L'Echo à paraître samedi.
La banque franco-belge Dexia pourrait avoir besoin rapidement d'une injection de capital, si les conditions de marchés lui restent défavorables, a estimé le gouverneur de la Banque nationale de Belgique (BNB), Luc Coene, dans un entretien au quotidien belge L'Echo à paraître samedi. — Philippe Huguen afp.com

La France et la Belgique se sont mis d'accord dans la nuit de mercredi à jeudi pour renflouer une nouvelle fois la banque Dexia, en cours de démantèlement, en injectant 5,5 milliards d'euros, une somme répartie après d'âpres négociations entre les deux pays.

«Les États belge et français se sont engagés à souscrire intégralement à cette augmentation de capital, à concurrence de 53%, soit 2,915 milliards d'euros, pour la Belgique et de 47%, soit 2,585 milliards d'euros, pour la France», a annoncé dans un communiqué le ministre belge des Finances, Steven Vanackere.

Diminution du plafond

L'accord a été trouvé avec son homologue français, Pierre Moscovici. Il a déjà été approuvé en Belgique lors d'un conseil des ministres restreint. Reste désormais à attendre le feu vert de la Commission européenne sur cette opération, ainsi que l'approbation de l'assemblée générale de Dexia.

Paris et Bruxelles voulaient à tout prix trouver un accord avant jeudi matin, date de la publication des résultats trimestriels de Dexia, mais les discussions étaient «difficiles», selon une source proche du dossier, en raison de la délicate question de la répartition du fardeau entre les deux capitales.

La Belgique tablait au départ sur un rapport 50/50, ce qui aurait allégé sa facture d'environ 265 millions d'euros, rapporte l'agence Belga. La France voulait de son côté que la Belgique prenne à sa charge 55% de la recapitalisation de Dexia, selon des informations parues dans la presse belge.

Après d'âpres négociations, les deux pays ont trouvé un accord et ont également décidé de modifier le système de garanties apportées à Dexia. Le plafond pour les garanties définitives --afin que la banque mène à bien son démantèlement-- a été diminué de 90 milliards d'euros à 85 milliards d'euros.

Par ailleurs, la partie belge dans la répartition définitive de ces garanties a été abaissée de 60,5% à 51,4% tandis que celle de la France passe de 36,5% à 45,5%. Par conséquent, cela réduit de 10 milliards d'euros la facture de la Belgique, en cas de faillite de Dexia, indique l'agence Belga.

Jusqu'ici, la Belgique participait à la garantie à hauteur de 60,5%, contre 36,5% pour la France et 3% pour le Luxembourg. L'ensemble de ces mesures font partie du projet de plan de résolution ordonnée qui sera bientôt déposé à la Commission européenne, indique le communiqué.

Une conférence de presse est prévue jeudi matin à Bruxelles à la résidence du Premier ministre belge, Elio Di Rupo.