Les quatre défis économiques qui attendent Obama pour son second mandat

ECONOMIE Barack Obama, reconduit pour quatre ans à la présidence des Etats-Unis, reste confronté à la tâche difficile de relancer la croissance et l'emploi. Réussira-t-il à dynamiser l’économie au cours de son second mandat?...

Bertrand de Volontat (avec Reuters)

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Barack Obama, lors de son 3e discours sur l'état de l'Union, le 24 janvier 2012.
Barack Obama, lors de son 3e discours sur l'état de l'Union, le 24 janvier 2012. — S.LOEB/NEWSCOM/SIPA

La liesse de la victoire devrait être de courte durée pour Barack Obama. Certes, le président américain a réussi à convaincre ses concitoyens qu’il ne devait pas être tenu pour responsable de la faiblesse de l’économie, et ces derniers l’ont reconduit pour un second mandat, malgré la crise. Un exploit. Les défis économiques qui l’attendent restent toutefois de taille. Revue de détails.

>> Ce que Barack Obama a fait pour l’économie ces quatre dernières années, c’est à lire par ici

L’emploi

«La situation de l'emploi est problématique car le chômage dont nous souffrons est, pour une part importante, structurel, souligne Adolfo Laurenti, chef économiste adjoint de Mesirow Financial. Même une économie dynamique aura du mal à ramener le taux de chômage sous 7%.» Il est remonté à 7,9% en octobre. Ainsi 23 millions d'Américains sont sans emploi ou travaillent à temps partiel. Une situation qui risque de perdurer vu la faiblesse de la croissance. Cependant,  Barack Obama s’est engagé durant sa campagne à renforcer l'industrie, à favoriser les PME et à améliorer la qualité de l'éducation. Il a promis un million de créations de postes dans l'industrie manufacturière d'ici à 2016 et plus de 600.000 dans le secteur du gaz naturel, ainsi que le recrutement de 100.000 professeurs de mathématiques et de sciences.

Le mur de la dette

La première économie du monde n'est pas parvenue à renouer avec une croissance soutenue depuis qu'elle est sortie de la récession de 2007-2009. Elle stagne autour de 2%. Pas sûr que Barack Obama puisse la relancer avec un plan massif de dépenses comme en 2008 qui avait atteint 840 milliards de dollars. Le président n’a plus la majorité au Congrès. Mais surtout, l’Etat fédéral a une dette qui dépasse les dépasse désormais 16.000 milliards de dollars. Insoutenable. Le président veut ainsi réduire le déficit budgétaire de plus de 4.000 milliards de dollars sur dix ans en supprimant des niches fiscales, en augmentant les impôts des Américains les plus riches et en réduisant les dépenses de défense – fin des guerres en Irak et en Afghanistan -, des méthodes cependant très impopulaires chez les républicains.

Le logement

Le patrimoine net médian des foyers américains a chuté de 38% entre 2007 et 2010 avec l'effondrement des prix de l'immobilier. Et on estime à près de 11 millions le nombre de foyers dont la dette immobilière dépasse la valeur de leur logement. Le président devra continuer à soutenir les efforts pour aider les emprunteurs en difficulté à refinancer leurs prêts pour profiter des taux bas actuels.

La zone euro et la crise

L'économie américaine est également affectée par les répercussions de la crise de la dette dans la zone euro et le ralentissement de l'économie chinoise alors que les exportations ont contribué à hauteur d'un tiers environ à la croissance depuis la fin de la récession. «Nous évoluons dans une économie mondialisée et la croissance économique ne dispose pas d'un moteur mondial solide. C'est un problème qu'Obama ne peut pas régler aisément», analyse Adolfo Laurenti. Mais certains économistes veulent croire que la croissance américaine va repartir de l’avant dans les mois à venir grâce à un regain de demande intérieure. A Obama de surfer sur cette vague.