Renault relance Alpine avec Caterham

AUTOMOBILE Le constructeur a annoncé lundi la création d'une co-entreprise en vue de concevoir et produire en France des véhicules sportifs inspirés de sa marque mythique...

Claire Planchard

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Exposition consacrée à la marque Alpine en 2008 à l'Atelier Renault.
Exposition consacrée à la marque Alpine en 2008 à l'Atelier Renault. — PELE GWENDAL/SIPA

Faire revivre le mythe «Alpine» tout en mettant la technologie de la F1 à la portée du plus grand nombre. C’est l’ambition du nouveau partenariat annoncé lundi par Renault et le groupe britannique Caterham Cars pour concevoir, développer et produire de nouvelles gammes de véhicules sportifs.

Un marché d’avenir

Au lendemain de la présentation de résultats commerciaux catastrophiques, le constructeur français signe ainsi un véritable virage stratégique. Et un pari sur l’avenir. 

«Le marché des véhicules sportifs est un marché important et porteur avec 600.000 véhicules produits et vendus en 2011, mais aussi un marché qui peut encore progresser en Europe, avec une estimation de hausse de 15% d’ici 2015 sur le continent européen», a souligné lundi le patron de Renault Nissan, Carlos Ghosn, lors de la conférence de presse de présentation.

Même optimisme affiché par Tony Fernandes, le président de Caterham. «La récession ne nous inquiète pas car si on produit un véhicule que les marchés attendent au bon prix, il n’y aura pas de problème», a-t-il assuré, avant de conclure: «Il faut oser rêver.»

Promesse de prix compétitif

En pratique, les deux groupes, qui collaborent déjà depuis le début de la saison 2011 au sein de Renault Sport F1, créeront dès janvier 2013 une co-entreprise grâce à l’entrée de Caterham à hauteur de 50% dans Automobiles Alpine Renault. C’est cette nouvelle «Société des automobiles Alpine Caterham» qui doit donner naissance «d’ici trois à quatre ans» à deux nouveaux bolides qui conserveront chacun «l’ADN » des deux marques.

Sur le nouveau modèle Renault, pas plus de précisions. «Nous ne voulons par enfermer nos ingénieurs et nos concepteurs dans des déclarations à la presse alors qu’ils ont quatre ans pour donner corps au projet», a lancé Carlos Ghosn, indiquant toutefois que ce nouveau modèle sportif serait «une Alpine moderne mais en liaison avec son histoire», et à un prix «raisonnable» en comparaison avec les deux leaders du marché Ferrari et McLaren.

Le choix de l’usine Alpine de Dieppe

Ce qui est certain, c’est que la production sera assurée par l’usine historique d’Alpine basée à Dieppe (Seine-Maritime), actuellement dédiée à la fabrication de véhicules développés par Renault Sport Technologies, comme la Clio et la Mégane «R.S» de série ainsi que des modèles de compétition.

Ce projet, évalué «à environ 1.000 véhicules par an», «assurera la pérennisation des 300 emplois salariés sur place aujourd’hui à Dieppe. Mais tout laisse entendre qu’il devrait permettre de déployer l’emploi dans l’usine et chez les fournisseurs de la région qui seront appelés à participer», selon Marc Ollivier, le patron de la future co-entreprise.

Une bonne nouvelle saluée par Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif, venu en personne assister à la conférence de presse. «Réinvestir le territoire français, voilà un acte de confiance dans l’attractivité du territoire française en cette période de démoralisation», a salué le ministre, appelant Renault à poursuivre ses investissements en France, à quelques heures de la remise du rapport Gallois sur la compétitivité des entreprises françaises.