La compétitivité n'est pas liée au coût du travail, selon Jean-Claude Mailly

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Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière, a affirmé lundi que l'accord sur l'emploi comptait "énormément de chausse-trappes" et il a demandé aux parlementaires de ne pas se comporter en "godillots" lors de l'examen du projet de loi transposant ce texte.
Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière, a affirmé lundi que l'accord sur l'emploi comptait "énormément de chausse-trappes" et il a demandé aux parlementaires de ne pas se comporter en "godillots" lors de l'examen du projet de loi transposant ce texte. — Martin Bureau afp.com

Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force Ouvrière (FO), estime que le problème de la compétitivité française n'est pas lié au coût du travail, dans un entretien publié ce lundi par Le Parisien/ Aujourd'hui en France, alors que Louis Gallois doit remettre lundi son rapport sur le sujet à Jean-Marc Ayrault.

Le patron de FO attend de ce rapport «qu'il mette l'accent sur la compétitivité dite "hors coût". Autrement dit sur tout ce qui touche à l'innovation, à l'investissement, à la recherche, à la stratégie industrielle, au rôle des banques vis à vis des entreprises». «Les difficultés de l'économie française et d'une partie de l'industrie viennent de là», estime Jean-Claude Mailly qui assure qu'«il n'y a pas de problème de coût du travail».

«S'il faut mobiliser, on n'hésitera pas»

«Le coût du travail dans l'industrie, en France et en Allemagne, est quasiment le même», remarque-t-il. «Ce qui fait la différence, ce sont les gammes de produits, le tissu industriel, la stratégie, l'accès au financement», ajoute-t-il. «C'est à François Hollande et à son gouvernement de faire un choix», dit le syndicaliste pour qui il y aura «un fort désaccord», «s'ils se contentent d'être les gestionnaires honnêtes et loyaux des affaires du capitalisme». «S'il faut mobiliser, on n'hésitera pas», assure Jean-Claude Mailly.

Le rapport de Louis Gallois sur la compétitivité propose notamment une baisse du coût du travail et un coup de pouce à l'innovation. Il préconise ainsi de réduire de 30 milliards d'euros les charges sociales des entreprises.

Cette baisse du coût du travail est l'un des leviers du gouvernement pour enrayer la dégringolade du déficit commercial de la France, dont la part dans le marché mondial a chuté de 6,3% en 1990 à 3,3% en 2011.