Emploi, santé, industrie, finance: Ce que Barack Obama a fait

ANALYSE Les Etats-Unis ont perdu leur triple A sous sa mandature. Barack Obama affiche-t-il pour autant un bilan économique morose? L'éclairage de «20 Minutes»...

Céline Boff

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Barack Obama, le 1er novembre 2012, dans le Colorado.
Barack Obama, le 1er novembre 2012, dans le Colorado. — JEWEL SAMAD / AFP

Le président Barack Obama est-il parvenu à relancer l’économie américaine? Et à mieux réguler Wall Street? A cinq jours de l’élection étasunienne, 20 Minutes fait le point.

1- L’emploi

Ce qu’en dit Mitt Romney: «Plutôt que de rétablir l’emploi, vous vous êtes concentré sur votre réforme de la santé, monsieur le Président. Et vous avez investi 90 milliards dans le développement durable… Avec cet argent, vous auriez pu créer des millions d’emplois de professeurs!».

La situation: Selon les statistiques officielles, le taux de chômage a baissé sous la présidence Obama. Il est aujourd’hui passé sous la barre des 8%. Après avoir explosé en 2009. Mais de nombreux économistes remettent en cause ces chiffres. Reste que le chômage se situe à un niveau très élevé pour une économie habituée à un taux de 5%. Et si Mitt Romney évoque les postes de professeurs, ce n’est pas un hasard: l’emploi public a fondu sous la présidence Obama. Et ce, malgré une forte hausse de la dépense publique. En raison de la crise et de la baisse des recettes fiscales, les Etats ont en effet dépensé le surplus d’argent versé par Washington pour se désendetter et/ou limiter les hausses d’impôts. Et comme cela ne suffisait pas, ils ont également dû débaucher: «Fin 2012, 65% des emplois locaux crées entre 2000 et 2008 avaient été détruits», explique Evariste Lefeuvre, chef économiste Amériques à Natixis New York.

Le verdict: La politique emploi de Barack Obama se révèle décevante, les économistes les plus tendres évoquant « des progrès médiocres ».

 2- La santé

Ce qu’en dit Mitt Romney: Le candidat républicain a promis d’abroger l’Obamacare s’il est élu président. «Je ne vais pas me débarrasser de la totalité de cette réforme. Il y a un certain nombre de choses que j’aime bien», nuance-t-il toutefois.

La situation: C’était la promesse phare du programme Obama: en 2010, il a réussi à faire voter la plus importante réforme du système de santé depuis les années 1960. 32 millions des quelque 50 millions d’Américains qui ne bénéficient pas d’une couverture sociale en ont désormais une. Avec cette loi, les compagnies d’assurance sont par exemple contraintes de fournir une couverture médicale à tous, y compris aux personnes déjà en mauvaise santé. A l’été 2012, la Cour suprême des Etats-Unis a validé cette réforme, en fait calquée sur un système mis en place dans le Massachussetts… par Mitt Romney lui-même, lorsqu’il en était le gouverneur.

Le verdict: L’Obamacare est une victoire pour Obama, même si cette réforme divise l’opinion. 

3- L’automobile

Ce qu’en dit Mitt Romney: «Obama a mis General Motors et Chrysler en faillite et a vendu Chrysler aux Italiens, qui s’apprêtent à fabriquer les Jeeps en Chine. »

La situation: Le choc. En 2009, dans le même week-end, General Motors et Chrysler se déclarent en faillite. Alors que Romney s’oppose au versement d’une aide d’Etat – il signe une tribune dans le New York Times - Barack Obama décide de lancer un plan de sauvetage. Soit 100 milliards de dollars (80 milliards d’euros) pour leur venir en soutien. Ça marche: les ventes d’automobiles rebondissent et GM a annoncé l’ouverture en 2013 d’une nouvelle chaîne de production dans son usine de Detroit.

Le verdict: Les ouvriers de l’automobile devraient voter massivement pour Barack Obama: selon les sondages, plus de 75% lui sont favorables.

4- La finance

Ce qu’en dit Mitt Romney: «La législation et la régulation sont importantes, mais le niveau de sur-régulation et de pression qui a été placé sur le secteur des services financiers n’est pas, je pense, nécessaire et va nous coûter des emplois en chemin».

La situation: Limiter les emprunts abusifs et les spéculations à haut risque. Telle est le but du Dodd Frank Act, la loi de 2010 de réforme financière. Présentée par la presse américaine comme «la plus grande réforme législative jamais obtenue depuis la Grande Dépression», le mouvement «Occupy Wall Street» la juge bien trop clémente. D’autant plus que ses opposants sont parvenus à la vider en grande partie de sa contenance.

Le verdict: Si les cinq premiers contributeurs à la campagne de Barack Obama sont l’université de Californie, Microsoft, Google, la fonction publique fédérale et l’université de Harvard, ceux de Mitt Romney sont Goldman Sachs, Bank of America, Morgan Stanley, JP Morgan et Crédit Suisse… Soit cinq banques. Wall Street semble avoir choisi son camp.