Les interdictions d'ouverture le dimanche se multiplient pour les enseignes

TRAVAIL La Cour d'appel de Versailles a ordonné, ce mercredi, à Bricorama de ne plus ouvrir le dernier jour de la semaine...

Bertrand de Volontat

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La Cour d'appel de Versailles a ordonné mercredi à l'enseigne de bricolage Bricorama de ne plus ouvrir le dimanche en Ile-de-France sans avoir obtenu de dérogation, confirmant ainsi un jugement en première instance, selon une décision consultée par l'AFP.
La Cour d'appel de Versailles a ordonné mercredi à l'enseigne de bricolage Bricorama de ne plus ouvrir le dimanche en Ile-de-France sans avoir obtenu de dérogation, confirmant ainsi un jugement en première instance, selon une décision consultée par l'AFP. — Jacques Demarthon afp.com

Fini le bricoleur du dimanche? Après les superettes et les magasins de sport, c'est au tour des magasins de bricolage «Bricorama» de rester à l'avenir portes-closes le dimanche pour les Franciliens.

En effet, la Cour d'appel de Versailles a ordonné ce mercredi à l'enseigne de ne plus ouvrir le dimanche en Ile-de-France sans avoir obtenu de dérogation dès le 11 novembre prochain, confirmant ainsi un jugement en première instance. La Cour l'a en outre condamné à payer une amende de 18 millions d’euros au syndicat FO afin de sanctionner une astreinte longue de plusieurs mois. La marque, qui emploie 2.614 salariés dans ses 95 magasins français, dont une trentaine en Ile-de-France, compte 300 collaborateurs réguliers travaillant le dimanche.

Ces enseignes qui ferment une à une le dimanche sous la pression des syndicats

Mais Jean-Claude Bourrelier, PDG de Bricorama, avait averti dans Le Figaro qu’«une telle décision pourrait le conduire à supprimer 500 emplois». Une partie des magasins concernés risquait également de fermer définitivement. L’enseigne expliquait alors vouloir engager des procédures contre ses concurrents Castorama et Leroy Merlin, qui ont eux souvent obtenu l’autorisation d’être ouverts le dimanche, apprend-on sur le site du quotidien.

Malgré tout, le conseil du commerce en France (CDCF) préconise dans un communiqué diffusé mercredi une liberté pour le commerçant d’ouvrir jusqu’à «douze weekends par an, déconnectée de la volonté du maire». Le CDCF assure qu’une telle mesure pourrait créer jusqu’à 20.000 emplois à temps plein, «notamment pour les étudiants», précise Sofy Mulle, déléguée générale du CDCF, à 20 Minutes. A ce jour, les commerçants ont droit à cinq dimanches par an, selon la volonté du maire qui a le droit de les refuser. «Cette décision confirme que la réglementation actuelle n'est pas adaptée aux magasins ni aux clients ni aux salariés qui veulent pour la plupart exercer le dimanche», explique Sofy Mulle.

Ce cas de fermeture dominical qui n'est donc pas sans rappeler celui de la fermeture des superettes ou encore de la fermeture de Decathlon. Il s'agit avant tout d'une nouvelle victoire des syndicats «qui se battent pour eux seuls et non plus pour l'ensemble des salariés»,estime une source confidentielle.

La CDCF compte désormais sur l'appui du président de la République pour changer la donne. Un François Hollande qui en février répondait au conseil du Commerce durant sa candidature à l'élection présidentielle sur le ton de la «négociation», comprenant la nécessité des magasins de répondre à une demande du dimanche, notamment liée au tourisme, mais aussi de faire face à la concurrence issue du e-commerce.

A partir de 4:01, le travail dominical perçu par François Hollande