Comment personnaliser son départ et l'après

TOUSSAINT De nouvelles offres proposent d'organiser ses funérailles et accompagner le deuil...

Oihana Gabriel et Hélène Colau

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En Grande-Bretagne, une entreprise propose des cercueils atypiques, ou «Crazy Coffins».
En Grande-Bretagne, une entreprise propose des cercueils atypiques, ou «Crazy Coffins». — R. TANG / REX FEATURES / SIPA

Dessiner son cercueil en forme de guitare, laisser à ses proches un message vidéo ou planter un arbre, de nouveaux services changent la gestion de l'au-delà.

Cercueils excentriques. En Grande-Bretagne, une entreprise propose au monde entier des «Crazy Coffins» atypiques. L'idée est venue de clients qui désiraient être enterrés dans une guitare, un portable ou un train. «Nos ouvriers, qui fabriquent à partir d'objets personnels des clients, ont créé une urne en forme de bière et un clavier Yamaha comme cercueil, raconte Ursula Williams, employée de cette société. Une cliente a même dessiné un train Orient-Express et sur ses fenêtres apparaissaient les visages de ses amis… C'est excentrique, mais mené avec beaucoup de sérieux.»

Un arbre du souvenir. Un arbre virtuel sur lequel les proches peuvent déposer une pensée, une anecdote, une photo pour soulager le deuil, c'est ce que propose le site comemo.org. « Mon père est enterré en Algérie, je fais mes études à Marseille, explique Yacine Akhrib, le fondateur. C'est dur de n'avoir aucun lieu où se recueillir. » Pour cette Toussaint, Comemo s'associe à l'association Planète Urgence qui plantera un arbre pour chaque arbre virtuel. Un hommage aux disparus et une attention pour les générations futures en favorisant la reforestation.

Mémoire virtuelle. La high-tech révolutionne nos vies, mais aussi l'après. Le site lifekeep.com propose d'organiser de son vivant ses funérailles. En cliquant sur l'onglet « After me », chacun peut laisser les codes à des personnes récipiendaires pour fermer ses comptes Facebook, bancaires, laisser le contact du notaire et préciser ses dernières volontés. «Les gens n'aiment pas parler de leurs funérailles, avance Jacques Mechelany, fondateur du site. Avec cette application, on peut laisser une playlist pour l'enterrement, dire à qui on souhaite léguer quoi, ce qui ne remplace pas un testament ! C'est un outil pour soulager ceux qui restent. Surtout dans une période chargée en émotion.»

Les cérémonies n'ont plus la foi

La France ne compte plus que 11 % de pratiquants toutes religions confondues et 41 % des Français se déclarent athées. Finies donc les cérémonies traditionnelles où le curé se charge d'évoquer la mémoire du défunt. La tendance est encore plus forte dans les villes : à Paris, 65 % des convois funéraires ne passent par aucun lieu de culte. Le problème, c'est que rien ne vient remplacer ce temps religieux, ce qui n'est pas toujours facile à vivre pour la famille. Mathilde a été choquée par l'enterrement de son grand-père. «Les employés des pompes funèbres ont sorti le cercueil de l'hôpital, on les a suivis jusqu'au cimetière. Il a été enterré sans un mot, on n'a même pas prononcé son nom.»

 

Une scène fréquente quand la famille n'a pas pensé à organiser une cérémonie laïque. De plus en plus d'entreprises de pompes funèbres proposent pourtant de tels services, avec textes et musiques choisies par les proches. Hélas, le résultat n'est pas toujours à la hauteur, selon François Michaud Nérard, auteur de plusieurs livres sur les rites funéraires. «Souvent, ces cérémonies sont très pauvres, déplore-t-il. Car les officiants sont mal formés, seulement en quarante heures, et ne sont pas assez payés.»