Associations: Leurs nouvelles méthodes pour collecter des fonds

SOLIDARITE Selon un sondage commandé par France générosités, un donateur sur deux envisage de réduire ou de stopper ses dons en raison de la crise. Mais comment les associations lèvent-elles des fonds? Quelles sont leurs méthodes et leurs dernières innovations? «20 Minutes» a mené l'enquête...

Céline Boff

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Un militant de l'association Greenpeace.
Un militant de l'association Greenpeace. — FREDERICK FLORIN / AFP

Du jamais vu. En raison de la crise, 31% des donateurs prévoient de diminuer leurs dons cette année et 22% envisagent de ne plus en faire. C’est du moins ce que révèle un sondage commandé par l’association France générosités. Soigner les grands donateurs, se rapprocher des notaires pour obtenir davantage de legs, mais surtout, relancer les petits donateurs… Telles sont les méthodes privilégiées par les associations et autres ONG pour lever des fonds.

Très chère prospection

«Relancer coûte bien moins cher que prospecter. Voilà pourquoi nous avons 22% de donateurs en France et que ce taux ne progresse pas. Et puis, les associations ne sont pas des entreprises: elles ont rarement la possibilité de s’endetter et les donateurs ne leur pardonnent pas des comptes non équilibrés», lance Jacques Malet, président de l’association Recherches et Solidarités. «La Cour des comptes a récemment pointé des frais de collecte élevés chez Greenpeace, je pense que cette analyse est une erreur, car il faut investir pour préparer l’avenir».

C’est justement pour dépister et soutenir financièrement des start-up innovantes dans le domaine de la collecte de fonds que Claude Guillemin et Antoine Vaccaro, deux experts en philanthropie, ont fondé en 2010 le Fundraising Lab. Parmi les entreprises soutenues, il y a Zewaow, qui organise des collectes de fonds en réunion sur le modèle Tupperware.

La «générosité embarquée»

Autre société épaulée: Microdon, spécialisée dans la «générosité embarquée», comprenez le développement d’outils capables de susciter une opportunité de don dans les transactions du quotidien. Comme le don sur salaire, «qui permet aux salariés de soutenir les actions d’associations de leur choix, en réalisant des micro-dons chaque mois sur leur net à payer. L’employeur s’associe à l’opération en doublant le montant du don», détaille Pierre-Emmanuel Grange, le fondateur. «Les salariés donnent en moyenne 5 euros par mois, soit 1,70 euro avec la déduction fiscale. C’est presque indolore pour eux, mais ça rapporte gros aux associations: au Royaume-Uni, ce système permet de lever 125 millions d’euros par an.» Autre outil proposé par Microdon: les opérations de générosité en caisse. «Nous remettons un flyer équipé d’un code-barres au consommateur, qui peut ainsi donner deux euros ou plus à une association au moment où il règle ses courses». Cette année, Microdon organise 300 opérations de ce type dans les supermarchés français, notamment au profit du Téléthon.