«Pacte de compétitivité»: François Hollande dévoile sa feuille de route

ENTREPRISE Le chef de l'Etat a fait une mise au point jeudi soir après la multiplication des fuites sur les propositions du rapport Gallois attendu le 5 novembre...

Claire Planchard

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François Hollande lors de son discours du 25 octobre 2012 à l’occasion du «Grand rendez-vous  de la communauté OSEO Excellence».
 
François Hollande lors de son discours du 25 octobre 2012 à l’occasion du «Grand rendez-vous  de la communauté OSEO Excellence».   — ALFRED/SIPA

Oui, la compétitivité des entreprises françaises décroche. Mais pour relever ce défi,  «il n’y a pas de formule magique, de mesure miracle, de réponse unique», a prévenu jeudi soir François Hollande devant un parterre de chefs d’entreprises réunis à l’occasion du «Grand rendez-vous  de la communauté OSEO Excellence».

Une stratégie plutôt qu’un choc

Face à la multiplication des fuites et spéculations sur les propositions du rapport Louis Gallois pour relancer la compétitivité,  le chef de l’Etat a voulu reprendre la main et clarifier les pistes de réflexion du gouvernement. «Aujourd’hui nous n’avons plus le temps de différer les choix. C’est la stratégie de compétitivité que le gouvernement prépare sur la base des propositions du rapport Gallois», a précisé le chef de l’Etat.

Pour y remédier point de «choc» mais une «stratégie de compétitivité» de long terme. «C’est une action résolue dans la durée qui doit être engagée», a affirmé François Hollande.

Si une réforme du financement de la sécurité sociale fait bien partie des chantiers prioritaires, pour le chef de l’Etat, «ce basculement ou ce transfert ne pourra se faire que dans le temps (…) et prendre en compte, autant qu’il sera possible, la situation des entreprises exposées à la concurrence internationale et sa compensation ne devra pas affaiblir la demande intérieure.» Une façon d’écarter les rumeurs d’une hausse brutale et généralisée de TVA ou de CSG au profit d’une réflexion sur des dispositifs d’allègements de charges et/ou de hausses de taxes ciblées.

Réforme de l’IS et financement des PME

L’autre grande réforme structurelle annoncée est celle de l’impôt sur les sociétés «dont la caractéristique en France est d’avoir un taux élevé et une assiette étroite. Ce qui avantage plutôt les grandes entreprises que les moyennes, et n’incite pas à la localisation des productions sur le territoire». François Hollande estime donc que «des modulations devront donc être introduites dans le respect d’une convergence européenne en matière d’impôt sur les sociétés». La baisse de 30% promise aux PME pendant la campagne pourrait ainsi être concrétisée dès le collectif budgétaire de fin d’année.

Enfin, la nouvelle Banque publique investissement (BPI) doit être le bras armé de cette stratégie de reconquête des entreprises françaises. «En rapprochant OSEO, le FSI et les activités en fonds propres de la CDC, la BPI sera bien plus que la simple addition de ces composantes: elle organisera les synergies nécessaires pour accompagner les PME dans leurs projets d’investissement, d’innovation et d’exportation», a soutenu le président de la République.

Parmi les mesures explorées: une aide à l’export via des mécanismes de garantie de garantie bancaire, «indispensables pour répondre à un appel d’offres à l’étranger» et la mise en place d’un pré-financement du crédit impôt recherche (CIR) , «pour faciliter la trésorerie des entreprises qui innovent» dans l’attente du remboursement de l’Etat.