La fusion Suez-GDF entravée par l'Europe

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Un nouvel obstacle s’est dressé face à la privatisation de Gaz de France (GDF) ce week-end, alors que les députés de l’UMP semblaient enfin prêts à l’accepter, pour permettre une fusion avec Suez. Cette fois, la future entité est contestée sur le front européen. Samedi, la Commission européenne a annoncé
qu’elle avait transmis aux deux géants de l’énergie des critiques sur leur projet de mariage. Cette union, qui donnerait naissance au premier groupe gazier européen et au numéro 5 de l’électricité, menacerait la concurrence, estime Bruxelles. Car le nouvel acteur
serait dominant sur les marchés français et belge.
Les deux groupes n’ont pas souhaité réagir officiellement, samedi. Les documents envoyés par la Commission sont « très longs et complexes et nous devons en prendre connaissance», déclarait une porte-parole de GDF. Mais hier, une source proche du dossier a indiqué que les directions réfléchissaient à
des ventes de filiales, pour rassurer Bruxelles. Ainsi, GDF pourrait renoncer à sa part dans le deuxième
groupe électricien belge, la SPE, dont il détient 25%.
En tout cas, une solution doit être trouvée avant le 25 octobre, date à laquelle la Commission rendra sa
décision définitive. D’ici là, le Parlement français doit examiner le projet de loi qui autorise l’Etat à descendre à 34 % du capital de GDF.

Angeline Benoit (avec AFP)