L'insolente santé d'Airbus

TRANSPORT Airbus a inauguré mardi la nouvelle chaîne d’assemblage du futur A350...

De notre correspondante à Toulouse, Béatrice Colin

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L' Airbus A350 XWB au salon du Bourget près de Paris en juin 2009.
L' Airbus A350 XWB au salon du Bourget près de Paris en juin 2009. — IBO/SIPA

«Une référence pour l’ensemble de l’industrie française». Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, présent mardi à Colomiers pour l’inauguration de la chaîne d’assemblage de l’A350, a salué la réussite d’Airbus et sa «stratégie qui lui a permis de devenir le symbole d’une Europe performante ». En pleine crise économique, le constructeur aéronautique affiche une santé insolente. Le temps du plan de restructuration Power 8, et de ses réductions d’effectifs, est loin.

«Ces deux dernières années, nous avons recruté plus de 9 000 salariés, dont la moitié en France», a rappelé Fabrice Brégier, le président d’Airbus. Et sur les 4 500 embauches réalisées sur le territoire national, près de 80 % ont atterri dans les sites toulousains. Ces nouveaux arrivés ne sont pas exclusivement destinés à répondre aux 558 commandes de l’A350, mais à tous les programmes qui garantissent 8 ans d’activités. Pour l’heure, 700 personnes assemblent les deux premiers exemplaires du futur avion, dont celui qui pourrait voler au salon du Bourget, en juin prochain. En 2018, lorsque la cadence de production aura atteint le rythme de dix A350 par mois, ils seront 1 500 à s’affairer sur la chaîne.

900 apprentis en 2014

La plupart sont des compagnons déjà rodés sur les programmes arrivés à maturité comme l’A330. «En deux ans, la mobilité interne a concerné 5 000 employés. En 2013, nous allons continuer à embaucher, mais dans une moindre mesure», explique Thierry Baril, directeur général des ressources humaines d’Airbus qui met en moyenne 35 jours à recruter, contre 75 jours il y a deux ans.

Il mise aussi de plus en plus sur la formation en interne, à l’image du modèle germanique. «A Toulouse, nous avons 600 apprentis, dont une partie vient du lycée Airbus. D’ici début 2014, notre objectif est d’atteindre le chiffre de 900 et à terme que cela représente 5 % des emplois Airbus », explique le responsable pour qui « une compétence c’est un investissement sur plusieurs années». Un avis partagé par Françoise Vallin, déléguée syndicale CFE-CGC, qui n’oublie pas malgré tout «que durant Power 8, on a fragilisé certains métiers».