a BPI ne sera pas un nouveau Crédit lyonnais, promet Jouyet

Reuters

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La nouvelle Banque publique d'investissement (BPI) n'accouchera pas d'un désastre financier comme celui engendré par le Crédit Lyonnais dans les années 1990, a promis jeudi son futur président Jean-Pierre Jouyet. Le gouvernement a adopté mercredi le projet de loi visant à créer la BPI et a confié à Nicolas Dufourcq, numéro deux de Capgemini, le soin d'en faire le fer de lance du soutien aux PME françaises. "On n'a pas l'intention de récréer le Crédit Lyonnais", a déclaré Jean-Pierre Jouyet, également directeur général de la Caisse des dépôts, lors d'un colloque organisé à Lyon par l'Association des régions de France.

Le Crédit Lyonnais avait échappé de peu à la faillite en 1993 et n'avait dû son salut qu'à une aide massive de l'Etat en échange d'une réduction importante de son périmètre exigée par la Commission européenne. L'importance donnée aux régions dans la gouvernance de la BPI fait craindre à ses détracteurs qu'elle octroiera crédits et capitaux sur des bases politiques plutôt qu'économiques. "Il ne faut pas prendre les régions comme des acteurs qui arriveraient au développement économique sans expérience. Elles ont l'habitude des financements en investisseurs avisés", a jugé l'ancien secrétaire d'Etat d'ouverture de Nicolas Sarkozy. "On ne peut pas faire de procès d'intention à une banque qui est en train de se créer", a ajouté Jean-Pierre Jouyet, prenant comme exemple la banque publique allemande KfW, "l'une des plus puissantes d'Europe".

Il a néanmoins mis en garde contre tout excès d'optimisme sur ce nouvel instrument financier. "La BPI n'est pas une solution miracle", a-t-il prévenu, notant toutefois qu'elle devrait être à même d'apporter "rapidité, réactivité" aux PME régionales. Le but de la BPI, voulue par François Hollande, est de reproduire en France grâce à ses financements, le succès du "Mittelstand", ce vivier d'entreprises de taille intermédiaire qui assurent à l'Allemagne une balance commerciale largement excédentaire.