Hollande à Merkel: le sujet du sommet, "c'est l'union bancaire"

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Le président français François Hollande a affirmé jeudi que le sommet européen devait être consacré à la construction d'une union bancaire, et non à l'union budgétaire réclamée par la chancelière allemande Angela Merkel.
Le président français François Hollande a affirmé jeudi que le sommet européen devait être consacré à la construction d'une union bancaire, et non à l'union budgétaire réclamée par la chancelière allemande Angela Merkel. — Eric Feferberg afp.com

Le président français François Hollande a affirmé jeudi que le sommet européen devait être consacré à la construction d'une union bancaire, et non à l'union budgétaire réclamée par la chancelière allemande Angela Merkel.

"Le sujet du conseil, ce n'est pas l'union budgétaire, c'est l'union bancaire", a déclaré M. Hollande à son arrivée à un déjeuner des dirigeants du Parti socialiste européen (PSE) à Bruxelles avant le début du sommet.

"Donc la seule décision que nous avons à prendre, à confirmer d'ailleurs, c'est la mise en place de l'union bancaire d'ici la fin de l'année, et notamment la première étape qui est la supervision bancaire", a-t-il ajouté.

Peu de temps auparavant, à Berlin, la chancelière Angela Merkel a défendu l'idée de confier au commissaire européen aux Affaires économiques un droit de veto sur les budgets nationaux des Etats membres.

"Nous pensons, et je le dis au nom de l'ensemble du gouvernement allemand, que nous pourrions faire un pas en avant en accordant à l'Europe un véritable droit d'ingérence sur les budgets nationaux quand ils ne respectent pas les limites fixées pour la stabilité et la croissance", a-t-elle déclaré.

Le président français est ensuite arrivé au siège du Conseil européen, où il devait rencontrer le chef du gouvernement italien Mario Monti puis Angela Merkel avant le sommet.

"Je vais lui dire que nous devons appliquer les décisions que nous avons prises ensemble le 29 juin", a-t-il affirmé au sujet de la chancelière allemande, citant la supervision bancaire mais aussi les dispositifs pour "permettre à l'Espagne de se financer dans de bonnes conditions".

Selon M. Hollande, "il y a un partenariat solide entre la France et l'Allemagne, mais nous discutons avec tous les pays, notamment ceux qui ont des points de vue qui nous permettent de trouver les bons compromis", a-t-il ajouté en citant l'Italie.

Il a attribué les divergences franco-allemandes aux "calendriers électoraux", la France sortant d'une présidentielle et de législatives tandis que "Mme Merkel a ses propres rendez-vous", avec des législatives dans un an.

Mais le chef de l'Etat français a insisté sur le "respect" des décisions prises, y compris sur le "pacte de croissance". "Nous devons arriver à de bonnes décisions" au cours du sommet qui se tient dans "un environnement très dur sur le plan social, sur le plan économique", a-t-il estimé.

De nombreux désaccords existent entre la France et l'Allemagne, notamment sur la mise en place d'une supervision unique du secteur bancaire dans la zone euro, dont le principe a été décidé lors du précédent sommet du mois de juin.

Berlin semble de moins en moins pressée pour la mise en place de ce mécanisme adossé à la Banque centrale européenne (BCE).

Le chancelier social-démocrate autrichien Werner Faymann, qui participait au déjeuner du PSE, a vivement dénoncé les propositions de la chancelière allemande sur le renforcement des pouvoirs de la Commission européenne. "Je préfèrerais qu'on fasse des super propositions avec de vraies mesures pour essayer de lutter contre le chômage", a-t-il dit.

"Et de vraies mesures, cela veut dire donner de l'air aux pays pour respirer, des marges de manoeuvres pour les investissements", a-t-il ajouté.