Zone euro: Discussions houleuses en vue au sommet européen

ECONOMIE Les discussions pourraient être houleuses jeudi entre dirigeants européens, notamment sur la supervision bancaire et le contrôle des budgets nationaux, lors d'un sommet largement consacré à l'avenir de l'Union monétaire…

avec AFP

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Les discussions pourraient être houleuses jeudi entre dirigeants européens, notamment sur la supervision bancaire et le contrôle des budgets nationaux, lors d'un sommet largement consacré à l'avenir de l'Union monétaire.
Les discussions pourraient être houleuses jeudi entre dirigeants européens, notamment sur la supervision bancaire et le contrôle des budgets nationaux, lors d'un sommet largement consacré à l'avenir de l'Union monétaire. — Johannes Eisele afp.com

Pour la première fois depuis trois ans ce n’est plus le sommet de la dernière chance. Pourtant la rencontre des chefs d'Etat et de gouvernement des 27 qui s’ouvrent jeudi à Bruxelles dès 17h00 se déroulera sous haute tension avec en toile de fond la grogne sociale grandissante dans les pays les plus touchés par la crise et l'austérité. Et les sujets de discorde ne manquent pas, notamment entre la France et l'Allemagne.

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La supervision bancaire au cœur des débats

C'est sur la supervision unique des banques dans la zone euro que les débats risquent d'être les plus animés, car de nombreux désaccords subsistent, tant sur le rythme que sur la substance. La mise en place d'un superviseur bancaire unique est d'autant plus importante que c'est la condition d'une recapitalisation directe des banques par le nouveau pare-feu de la zone euro, le MES. Cette possibilité intéresse au plus haut point l'Espagne, qui craint de voir l'aide financière pour ses banques alourdir sa dette publique.

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L'Allemagne ne semble pas pressée pour la mise en place de ce mécanisme adossé à la BCE, quand Paris pousse à avancer le plus vite possible. Berlin est aussi réticent à ce que toutes les banques de la zone euro soient concernées. D'autres problèmes associés au superviseur bancaire peinent à trouver des solutions: les pays ne faisant pas encore partie de la zone euro mais qui souhaitent la rejoindre, comme la Pologne, veulent un droit de regard sur ce mécanisme. Reste à savoir sous quelle forme. La question de la nécessité ou non de changer le traité européen pour permettre à la BCE d'exercer les fonctions de supervision fait également l'objet d'une controverse.

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Vers un budget central de la zone euro?

Autre sujet de débat: la proposition de budget central de la zone euro avancée par le président du Conseil de l'UE, Herman Van Rompuy, dans le cadre des réflexions sur l'approfondissement de l'Union monétaire. Berlin souhaite que cette capacité budgétaire reste limitée, tandis que Paris la voudrait plus ambitieuse.

L'Allemagne veut aussi mettre sur la table ses propres propositions pour l'avenir de l'union monétaire. La chancelière Angela Merkel a défendu jeudi matin, à quelques heures de l'ouverture du sommet, l'idée d'accroître les pouvoirs du commissaire européen chargé des Affaires économiques, en lui confiant un droit de veto sur les budgets nationaux des Etats. Cette insistance allemande à renforcer les mécanismes d'intégration européenne contraste avec la position affirmée la veille par le président français François Hollande, pour qui la réflexion sur l'union politique doit être remise à plus tard. Il faut d'abord régler la situation de la Grèce, aider les pays en difficultés à se financer, et mettre en place le superviseur bancaire, a-t-il insisté dans une interview accordée à plusieurs journaux européens.

Pas de décisions attendues sur la Grèce et l’Espagne

Sauf coup de théâtre, ni l'aide à l'Espagne ni la crise grecque ne devraient donner lieu à des décisions jeudi. «Le dossier espagnol ne sera pas abordé. C'est à l'Eurogroupe de s'en occuper, pas au Conseil européen», a estimé une source proche de l'Eurogroupe. Selon des sources européennes, une demande formelle d'aide de Madrid est désormais probable, mais elle ne devrait pas intervenir avant la semaine prochaine.

Et même si la Grèce sera sans aucun doute évoquée, le rapport de la troïka de ses créanciers (UE, BCE et FMI), préalable au déblocage d'une tranche d'aide de 31,5 milliards d'euros, ne sera pas prêt. La troïka, qui a quitté Athènes mercredi, a dit espérer un accord avec les autorités grecques dans les prochains jours. En attendant, la grève générale entraînait jeudi de fortes perturbations dans les services publics et les transports grecs. Des manifestations étaient aussi prévues par les syndicats, qui jugent qu'une troisième année consécutive de réductions budgétaires massives ne pourra pas être supportée par la population.