Les Français aiment (plutôt) leur boîte

TRAVAIL Ce jeudi se tient la dixième édition de l'événement «J’aime ma boîte», lancé par la très médiatique Sophie de Menthon. A cette occasion, un sondage a été réalisé sur les relations entre les salariés et leurs entreprises...

C.B.

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Illustration salariés au travail
Illustration salariés au travail — LOIC VENANCE / AFP

Dix ans déjà. En 2003, Sophie de Menthon, serial dirigeante et présidente du mouvement Ethic (Entreprises de taille humaine indépendantes et de croissance), créait l’événement «J’aime ma boîte». Soit une journée pour «fêter son entreprise» et «montrer son vrai visage -celui d’une communauté humaine et professionnelle qui tisse ses liens au quotidien», selon Sophie de Menthon.  Mais les salariés français aiment-ils vraiment leur boîte? Le traditionnel sondage commandé par Ethic et réalisé par Opinionway à cette occasion vient apporter quelques réponses.

En chute libre depuis 2008 –année, faut-il le rappeler, des débuts de la crise économique– l’amour porté à son entreprise reprend un peu de vigueur: en 2012, 67% des salariés français déclarent aimer leur boîte, soit trois points de plus qu’il y a un an. Ils sont cependant 55% à «plutôt» l’apprécier et seulement 12% à «tout à fait» l’aimer.

Le management remis en cause

L’affection est un peu plus forte chez les femmes (67% contre 66% pour les hommes), les moins de 35 ans (70% contre 64% pour les plus de 35 ans) et les salariés d’Ile-de-France (70% contre 66% pour la province). Si on est loin des sommets atteints avant la crise (79% de salariés affirmaient alors «aimer leur boîte»), il y a donc un mieux.

Et quand on leur retourne la question, 75% des salariés affirment se sentir bien aimés dans leur entreprise. Ils sont 25% à ne pas ressentir cette impression.

Parmi ceux qui déclarent ne pas aimer leur entreprise, 47% l’expliquent par le management. Et à la question «Qu’est-ce qui vous ferait aimer davantage votre entreprise?», la majorité (61%) répond «une meilleure reconnaissance» et 50% des sondés «une attention significative au bien-être des salariés». 58% pensent d’ailleurs que leur entreprise pourrait contribuer à ce qu’ils adoptent un mode de vie plus sain.

Des salariés «consciencieux»

Concernant leur implication au travail, les salariés affirment être «consciencieux» à 70%. 18% estiment «se défoncer» tandis que 10% affirment «faire le minimum syndical» et 2% «se ménager au maximum». A noter que si les sympathisants du Front national sont plus nombreux que les autres à s’estimer «consciencieux», ils sont également davantage à déclarer «faire le minimum syndical».

Sur le plan politique d’ailleurs, un Français sur deux estime que le gouvernement actuel apprécie les entreprises -les sympathisants de droite sont seulement 25% à le penser. De même, 50% des salariés ne trouvent pas légitimes que les patrons se sentent rejetés par les médias et par les Français.

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