L'Espagne se finance moins cher

CRISE L'Espagne a payé moins cher jeudi pour lever 4,614 milliards d'euros en obligations, notamment sur l'échéance-phare à 10 ans...

avec AFP

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L'Espagne a levé jeudi 4,614 milliards d'euros sur le marché obligataire, parvenant à négocier des taux d'intérêt en baisse, notamment sur l'échéance-phare à 10 ans, les investisseurs semblant croire en l'imminence d'une demande d'aide européenne.
L'Espagne a levé jeudi 4,614 milliards d'euros sur le marché obligataire, parvenant à négocier des taux d'intérêt en baisse, notamment sur l'échéance-phare à 10 ans, les investisseurs semblant croire en l'imminence d'une demande d'aide européenne. — Christof Stache afp.com

L'Espagne a payé moins cher jeudi pour lever 4,614 milliards d'euros en obligations, notamment sur l'échéance-phare à 10 ans, les investisseurs semblant croire en l'imminence d'une demande d'aide européenne, à quelques heures d'un sommet à Bruxelles.

Le pays, qui a obtenu mardi un répit de l'agence Moody's, est parvenu à vendre des obligations à dix ans à un taux moyen de 5,458%, en-dessous du taux concédé lors de la dernière émission similaire, 5,666%, le 20 septembre.

Les taux ont également baissé pour les émissions à trois ans (3,227% contre 3,676%) et à quatre ans (3,977% contre 4,603%), qui se comparaient à une précédente émission le 6 septembre.

Le Trésor espagnol a profité de cette accalmie, mais aussi de la forte demande (10,9 milliards) pour emprunter plus que la fourchette visée (3,5 à 4,5 milliards).

Une détente directement liée à la décision, mardi soir, de l'agence d'évaluation financière Moody's de maintenir la note souveraine de l'Espagne à Baa3: depuis le début de l'été, la menace de se voir reléguer dans les investissements spéculatifs avait maintenu le gouvernement sous pression, mais l'agence a finalement laissé la dette un cran au-dessus de cette catégorie.

L'une des raisons principales avancées par Moody's est justement que "l'Espagne demandera probablement une ligne de crédit de précaution au Mécanisme européen de stabilité" (MES), qui vient d'être mis en place, ce qui devrait permettre à la BCE de lancer un programme de rachat d'obligations espagnoles sans pour autant que le pays n'ait à utiliser les fonds européens.

Cette hypothèse, alimentée par des fuites venant du gouvernement espagnol, prend de la vigueur ces derniers jours et semble rassurer les marchés.

Sauf coup de théâtre, aucune demande formelle de Madrid n'est toutefois attendue lors du sommet qui s'ouvre jeudi à Bruxelles, mais elle pourrait intervenir la semaine prochaine ou d'ici début novembre, ont confié mercredi à l'AFP deux sources européennes.