L'aéroport d'Orly se sent pousser des ailes

MODERNISATION Le site gagne 100 000m2 grâce à des travaux estimés à près de 450 millions d'euros...

Oihana Gabriel

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En 2018, Orly sera un aéroport continu avec un bâtiment de jonction reliant les terminaux.
En 2018, Orly sera un aéroport continu avec un bâtiment de jonction reliant les terminaux. — ADP

De deux aérogares vétustes et bondés, Orly (Val-de-Marne) va passer à un aéroport continu plus confortable avec trois halls d'embarquement. Tel est l'objectif des importants travaux estimés entre 400 et 450 millions d'euros, lancés l'an prochain et qui doivent s'achever en 2018. Une fois construit, un bâtiment reliera les terminaux ouest et sud d'Orly et offrira aux voyageurs plus d'espace et de fluidité dans leurs déplacements.

Les infrastructures, qui datent d'une cinquantaine d'années, n'ont bénéficié que de petits liftings car «l'essentiel de nos financements allait à Roissy où il y avait urgence», souligne Pierre Graff, PDG d'Aéroport de Paris (ADP), qui gère les deux sites parisiens. Ces travaux permettront de satisfaire les voyageurs habitués aux standards internationaux. Alors que les vols nationaux ont diminué, la part des lignes européennes est passée de 14% en 2002 à 28% en 2011.

Davantage de commerces

Conséquence: les voyageurs restent davantage dans l'aérogare. Ils pourront du coup profiter dans la nouvelle salle d'embarquement à l'est du terminal sud, dédiée aux long-courriers, et dans le bâtiment de jonction entre les deux terminaux, d'espaces plus lumineux, zen et, surtout, de nombreux commerces et restaurants, jugés trop rares par ADP.

Mais ces aménagements répondent aussi à la transformation probable des transports à l'horizon 2020. Avec le tramway 7 en 2013, le prolongement de la ligne 14 du métro, l'éventuelle ligne du Grand Paris Express vers Saclay et une gare de TGV, Orly accueillerait un nœud multimodal. En présentant mercredi le gros chantier qui attend l'aéroport du sud de l'Ile-de-France, Pierre Graff, qui quittera ses fonctions dans trois semaines, a souhaité rassurer car des associations de riverains, reçues par ADP dans l'après-midi, s'inquiètent d'une augmentation du trafic. «Nous modernisons nos aérogares, mais il n'est pas question de demander davantage de mouvements d'avions», a martelé Pierre Graff.