Thierry Lepaon, ex-chaudronnier, sur le point de prendre la tête de la CGT

SYNDICAT Il va succéder, en toute logique, à Bernard Thibault...

M.B. avec agences

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Thierry Lepaon, 52 ans, est pressenti pour prendre la suite de Bernard Thibault
Thierry Lepaon, 52 ans, est pressenti pour prendre la suite de Bernard Thibault — J. SAGET / AFP

La crise de succession de Bernard Thibault, qui ébranle la CGT depuis des mois, est sur le point de se terminer : la direction a adoubé mardi Thierry Lepaon, ex-chaudronnier.

A l’occasion de la réunion de la Commission exécutive, une direction d'une cinquantaine de membres, l’actuel secrétaire général a proposé, pour lui succéder, Thierry Lepaon, 52 ans, chef de file de la CGT au Conseil économique, social et environnemental (Cese). Et elle a été retenue.

Bouée de sauvetage

Il apparaît comme une bouée de sauvetage alors que de guerre lasse cadres et dirigeants souhaitent une personnalité consensuelle. Adoubé mardi, l’ex-salarié de Moulinex ne sera pas encore au bout de sa peine: il devra recueillir les 6 et 7 novembre la majorité des voix du Comité confédéral national, le Parlement de la CGT, qui regroupe les patrons des fédérations et des unions départementales.

Depuis l'annonce par Bernard Thibault en janvier qu'il ne briguerait pas au Congrès de mars 2013 à Toulouse un nouveau mandat à la tête de la CGT, qu'il dirige depuis 1999, la course à sa succession s'est transformée en crise ouverte.

Désireux de voir une femme lui succéder, il a mis en avant la candidature de l'ex-infirmière Nadine Prigent, qui a été rejetée. Une partie des fédérations soutenaient Eric Aubin, chargé du dossier des retraites - dont M. Thibault ne voulait pas- d'autres Agnès Naton, directrice de NVO, le magazine de la CGT. Estimant qu'aucun des trois n'est en mesure de rassembler le syndicat, déchiré en trois, Bernard Thibault avance le nom d'un quatrième.

Interlocuteur fiable

Méconnu du grand public, Thierry Lepaon  s'est syndiqué à 17 ans et a connu son épreuve du feu sur ses terres d'origine, en Normandie, lors du plan social de Moulinex, à la fin des années 1990. Il a ensuite grimpé les échelons du syndicat, qu'il a représenté pendant sept ans au Conseil d'orientation pour l'emploi, où il fait de la lutte contre l'illettrisme sa priorité. Il est ensuite entré au Cese, ce qui fait dire à Raymond Soubie, ex-conseiller social de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, que c'est «un interlocuteur fiable pour les pouvoirs publics». Thierry Lepaon, qui dit n'avoir rien demandé, a promis d'inscrire ses pas dans ceux de Bernard Thibault.