Pour le Medef, le changement c'est maintenant ou jamais

ECONOMIE «Il est temps que le gouvernement prenne à bras le corps le principe de réalité», a alerté Laurence Parisot ce mardi matin...

Bertrand de Volontat
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Laurence Parisot à Paris le 14 février 2012.
Laurence Parisot à Paris le 14 février 2012. — PRM/SIPA

Les négociations sur le projet de loi de finances 2013 s’ouvrent ce mardi à l’Assemblée nationale. Au Medef, Laurence Parisot est dans les starting blocks. En conférence ce matin où était présent 20 Minutes, elle déclare «Il est temps que le gouvernement prenne à bras le corps le principe de réalité.»

En d’autres termes, la patronne des patrons d’entreprises françaises  attend du gouvernement une réelle prise de conscience du danger porté  par ce budget 2013. Il y a une unanimité sur l’urgence à agir» au sein  des membres du conseil exécutif qui se tenait hier. Ce dernier a  d’ailleurs relevé «l’extrême gravité de la situation».

Lancer un choc de compétitivité

Et Laurence Parisot de rebondir sur les déclarations du gouvernement. «Le Premier Ministre a confirmé à sa manière que la situation est préoccupante. Tant lui que le président de la République mesurent la gravité. Nous souhaitons intensifier notre travail ensemble».

Et d’attaquer sur un point cher au Medef : «Le président veut relever  la courbe du chômage d’ici un an, annonce-t-elle. Il faut pour cela  lancer un choc de compétitivité pour permettre aux entreprises notamment  de relever leurs marges.» Pour rétablir la compétitivité de nos  entreprises, Parisot prône «une baisse des coûts de production». La  France s'est en effet construit «un handicap depuis plus de dix ans» en  matière de coût mais aussi de compétitivité hors-coût. «Il ne faut pas  séparer l'enjeu de coût de l'innovation».

Mais avant tout, il faut «un état d'esprit» qui valorise et fait  confiance à l'entrepreur., d'où «la gravité de la plus-value sur les  cessions». Pour la patronne du Medef,  les ministres valorisent le risque mais pas la rente. «Mais la rente  est-elle la même chose que la rémunération du risque?». Pas à  l'écouter. «L'alignement du capital et du travail est une erreur  économique grave, poursuit-elle. Cela va nuire aux investisseurs mais  également aux actionnaires salariés». Sans parler des investisseurs  étrangers, glisse-t-elle.

«On trompe les Français»

L’attente est forte envers les amendements du Budget mais également envers le rapport Gallois.  Car si ce dernier ne préconise pas le choc, «il y aura une vraie  déception de la part de tous les patrons, des grandes entreprises aux  TPE. La déception sera double si le gouvernement ne le suit pas», assume  Laurence Parisot.

Le budget «crée un risque réel de récession». Les dix milliards d’économies des dépenses sont pour le Medef un vrai trompe-l’œil. Ce n’est qu’«un ralentissement de la hausse, affirme Parisot. On trompe les Français sur la répartition de l’effort».