Que prépare Red Bull après le saut de Baumgartner?

STRATEGIE Un documentaire sera diffusé le mois prochain. Le groupe n’a pas de projets aussi gros dans ses cartons pour les années à venir...

Mathieu Bruckmüller

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Felix Baumgartner, premier homme à franchir le mur du son en chute libre.
 
Felix Baumgartner, premier homme à franchir le mur du son en chute libre.   — AP/SIPA

Il fallait s’y attendre. Après le triple exploit réalisé dimanche par l’Autrichien Felix Baumgartner (plus haut vol stratosphérique d'un homme à bord d'un ballon, plus haut saut stratosphérique (39 km), et premier homme à franchir le mur du son en chute libre), Red Bull, qui a accompagné le parachutiste de 43 ans durant les cinq ans de préparation, entend bien capitaliser sur l’évènement, suivi en direct par plus de 7 millions d’internautes sur YouTube.Dans les prochains jours, il va continuer à inonder les réseaux sociaux de photos et de vidéos, avant la diffusion le mois prochain, d’abord sur la BBC, d’un documentaire télévisé sur la genèse du projet jusqu’au jour J. L’ensemble des données collectées durant le voyage seront aussi précieusement analysées et les instruments de la performance (ballon, casque, bottes, gants, capsule) seront brevetés. 

Red Bull veut continuer à vendre du rêve

Mais après, que nous réserve la marque autrichienne née dans les années 1980, et dont le chiffre d’affaires annuel dépasse les quatre milliards d’euros? «A cette échelle-là, il n’y aura rien d’aussi gros dans les années à venir. Le saut de Felix a vocation à rester exceptionnel», tempère Sophie Grandpera de Red Bull France. Contrairement à Virgin, l’idée de proposer un tour aux touristes dans l’espace ne fait pas partie des plans. Red Bull veut continuer à vendre du rêve à travers ses évènements extrêmes. Le 2 novembre, le Red Bull Skylines prendra d'assaut le Grand Palais avec une journée dédiée au BMX. Les mordus de plongeon pourront toujours profiter du Red Bull Cliff Diving, organisé chaque année à la Rochelle.

Plus que jamais, «le groupe devient une marque évènementielle et expérientielle plus qu’un fabricant de boisson énergisante», décryptait vendredi pour 20 Minutes Boris Helleu, professeur à l’Université de Caen (Calvados) et spécialiste de marketing et d’économie du sport professionnel. En effet, il dépense au bas mot 30% de ses revenus pour booster sa notoriété. «Pour exister, Red Bull doit se régénérer. Un jour, ils vont nous dire qu’ils sont capables d’aller au centre de la terre», envisageait même la semaine dernière Hervé Bodinier,  le président du cabinet de conseil Sponsorship 360.