FMI: Les pays émergents priés de patienter

avec AFP

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La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, a estimé dimanche à Tokyo que l'action anticrise déployée par les banques centrales dans les pays riches risquait de déstabiliser les économies émergentes en créant des "déséquilibres" et des "bulles" financières.
La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, a estimé dimanche à Tokyo que l'action anticrise déployée par les banques centrales dans les pays riches risquait de déstabiliser les économies émergentes en créant des "déséquilibres" et des "bulles" financières. — Kazuhiro Nogi afp.com

La Chine, l'Inde ou le Brésil devront encore patienter avant d'être mieux représentés au FMI: la réforme renforçant la place des pays émergents au sein de l'institution n'entrera pas en vigueur comme prévu au sommet du FMI à Tokyo, en raison du blocage de fait des Etats-Unis.

En 2010, les pays du G20 s'étaient mis d'accord pour rebattre légèrement les cartes au sein du conseil d'administration du Fonds, actuellement dominé par les Européens, en donnant plus de droits de vote aux puissances émergentes. Cette réforme, qui fera notamment de la Chine le troisième pays le plus puissant du Fonds, devait entrer en vigueur lors de l'assemblée annuelle du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, qui s'achève dimanche dans la capitale japonaise.

Les Etats-Unis bloque pourtant le processus

Mais il n'en sera rien. La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, a dû le reconnaître vendredi: «Nous voyons la ligne d'arrivée, elle est proche et j'exhorte à nouveau les Etats membres à la franchir», a-t-elle déclaré. La patronne du Fonds s'est bien gardée de mettre un pays à l'index et surtout pas son principal actionnaire, les Etats-Unis, qui bloque pourtant l'ensemble du processus après l'avoir encouragé.

Le texte, qui doit être approuvé par 113 pays représentant 85% des droits de vote, ne peut tout simplement pas entrer en vigueur sans l'apport des Etats-Unis, qui totalise 16,7% des voix, et la ratification de son Congrès. L'enjeu est d'autant plus crucial que cette réforme va de pair avec le triplement des ressources permanentes (quotes-parts) du Fonds, à 767 milliards de dollars.