Secafi: «Si rien n'est fait PSA va dans le mur»

AUTOMOBILE Le cabinet d’experts mandaté par les syndicats de PSA a confirmé jeudi matin que des restructurations étaient nécessaires lors de la présentation de son rapport sur la santé économique et financière constructeur...

Claire Planchard

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Le siège social de PSA Peugeot Citroën à Paris le 12 juillet 2012.
Le siège social de PSA Peugeot Citroën à Paris le 12 juillet 2012. — ANTONIOL ANTOINE/SIPA

Les choses vont mal, très mal. C’est en substance ce que les experts du cabinet Secafi ont expliqué ce matin aux membres du comité central d’entreprise (CCE) de PSA, selon Franck Don représentant CFTC présent à la réunion.

«C’est fait, Secafi reconnait clairement que la situation du groupe est inquiétante et mauvaise sur le plan financier», explique Franck Don. «A ma question se savoir si les restructurations sont nécessaires la réponse est positive en précisant que si rien n’est fait PSA va dans le mur», poursuit le syndicaliste.

Le cabinet n'a pas souhaité se prononcer à ce stade sur les cas particuliers des sites d'Aulnay, destiné à fermer d'ici 2014, ou celui de Rennes, touché par 1.400 suppressions de postes dans le plan de la direction. «En revanche, il a reconnu qu'il y avait des surcapacité de production», confie Franck Don.

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Un peu plus tôt dans la présentation, le cabinet mandaté par le CCE aurait mis en évidence la dégradation des performances financières annuelles, confirmant la perte de 200 millions d’euros de cash par mois évoquée par la direction du groupe. Une situation qui serait aggravée selon le comité d’expert par la dégradation de la note du groupe par l’agence Moody’s. Une dégradation qui risque de renchérir le cout de ses recherches de financement.

Un rapport moins alarmiste selon la CGT

Dans un communiqué envoyé en fin de matinée, avant même la fin de la réunion, la CGT de PSA tirait toutefois des conclusions toutes différentes du rapport : «On est très loin des déclarations alarmistes de la direction PSA, de certains commentateurs et du rapport Sartorius», écrit le syndicat.

Il pointe de nombreux éléments du rapport qui n’a pas encore été divulgué: endettement relativement limité en comparaison des autres constructeurs (2,3 milliards) et en baisse au 1er semestre de 23 à 16%), matelas de «sécurité financière» de 12 milliards d’euros au 30 juin 2012, résultats du premier semestre «faussés par un jeu de provisions exceptionnelles et un niveau d’investissement record notamment à l’international».  «La CGT y trouve confirmation que ce qui est en cause ce n’est pas le cout du travail en France mais plutôt le cout du capital et l’appétit de M. Varin (le président du directoire du groupe, ndlr) pour une globalisation, sa marche forcée avec son cortège de délocalisation et la casse de l’emploi en Europe», conclut ce tract syndical.

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