Les épiceries solidaires pour étudiants en galère se développent

INITIATIVE Une épicerie solidaire propose à Lyon des denrées à petits prix pour les étudiants en galère. Le concept devrait voir le jour dans plusieurs villes de France dans les mois à venir...

De notre correspondante à Lon Elisa Riberry-Frisullo

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A Lyon, l'association Agoraé peut accompagner jusqu'à 150 jeunes par an.
A Lyon, l'association Agoraé peut accompagner jusqu'à 150 jeunes par an. — C. VILLEMAIN / 20 MINUTES

«La première fois que je suis venue, les étudiants m'ont tout de suite déculpabilisée de demander de l'aide. » Ce jeudi soir, Marie*, étudiante à Lyon-I, vient comme chaque semaine remplir son cabas à Agoraé. Cette épicerie solidaire créée en octobre 2011 est la première de France à avoir vu le jour sur le campus de la Doua, à Villeurbanne. Une initiative portée par les associations étudiantes Gaélis et la Fage qui s'est depuis développée à Nice, Brest et prochainement à Lille, Nancy et Angers, avant Paris en 2013.

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Depuis son ouverture, Agoraé, où les produits secs, frais, surgelés coûtent 10 à 20 % seulement du prix du marché, a accueilli une cinquantaine d'étudiants en difficulté financière. Des jeunes salariés souvent en rupture familiale ou étranglés par un prêt. Une fois son loyer payé, Marie n'a que 100 euros pour vivre. Trop peu pour se nourrir, utiliser les transports en commun et sortir. «Ma priorité, c'était de manger, alors je ne faisais plus rien.» Désormais, avec 10  euros d'achats autorisés à l'épicerie (50  euros dans les commerces traditionnels), elle tient la moitié du mois.

Rompre l'isolement

Mais «Agoraé est aussi un lieu destiné à créer du lien social, rompre l'isolement et permettre la rencontre entre tous les étudiants», explique Aline de Gaélis. Dans le foyer attenant à la petite épicerie, des activités sportives et culturelles, des permanences psychologiques sont proposées. Pour faire vivre les lieux, quinze étudiants sont mobilisés sur ce projet désormais reconnu d'intérêt général. «Cette reconnaissance va nous permettre de chercher des mécènes», explique Morgan Ravel, président de Gaélis. En 2011-2012, l'équipement et le fonctionnement de l'épicerie ont coûté 80 000 €, financés par les collectivités et Lyon-I. «Nous avons assez pour tenir deux ans et demi. Mais pour pérenniser la structure, il va nous falloir d'autres fonds», ajoute le président, qui table sur un chiffre d'affaires de 40 000 euros cette année.

*Le prénom a été modifié

Des conditions d’accès limitées

Pour pouvoir faire ses courses chez Agoraé, il faut être étudiant à Lyon, justifier de sa situation financière et avoir un budget pour se nourrir compris entre 2 et 7 euros par jour. Des commissions se réunissent régulièrement pour étudier les dossiers d'inscription. L’association peut accompagner jusqu’à 150 jeunes par an.