La Hongrie prévoit une récession en 2012, nouvelles mesures d'austérité

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Le gouvernement hongrois a annoncé vendredi une série de nouvelles mesures d'austérité afin de maintenir le déficit public sous la barre des 3% du Produit intérieur brut (PIB) et reconnu pour la première fois que le pays serait en récession cette année.
Le gouvernement hongrois a annoncé vendredi une série de nouvelles mesures d'austérité afin de maintenir le déficit public sous la barre des 3% du Produit intérieur brut (PIB) et reconnu pour la première fois que le pays serait en récession cette année. — Ferenc Isza afp.com

Le gouvernement hongrois a annoncé vendredi une série de nouvelles mesures d'austérité afin de maintenir le déficit public sous la barre des 3% du Produit intérieur brut (PIB) et reconnu pour la première fois que le pays serait en récession cette année.

"Le gouvernement a décidé de (prendre) des mesures nécessaires pour maintenir le niveau du déficit public sous la barre des 3% du PIB en 2012, 2013 et 2014", a annoncé vendredi György Matolcsy, le ministre de l'Economie devant des journalistes.

Ce vendredi était la date butoir pour présenter à Bruxelles les mesures prises par le gouvernement afin de contenir le déficit sous la limite des 3%. La Hongrie fait l'objet d'une procédure de déficit excessif au sein de l'Union européenne (UE), et ce depuis son adhésion en 2004.

Pour 2012, le pays va geler certaines dépenses ministérielles et récolter 466 millions d'euros. Pour 2013, il vise des économies de 397 milliards de forints (1,39 milliard d'euros) grâce à son nouveau programme d'économies, qui devrait aussi avoir des effets positifs en 2014.

L'objectif est d'atteindre un ratio de déficit de 2,7% du PIB en 2013, contre 2,2% espérés auparavant. Pour l'année en cours, le gouvernement mise aussi sur un ratio de 2,7% (contre 2,5% escomptés). En 2011, il avait représenté 2,94% du PIB.

Parmi les grandes mesures de ce nouveau programme figurent une réduction de 15 à 5% du co-financement de Budapest à des projets de l'UE dans le pays, la suppression du paiement simultané des retraites et des salaires pour certains fonctionnaires, le report de la hausse des salaires des enseignants, et le non remplacement de départs à la retraite dans la fonction publique, sauf dans le secteur de la santé.

"Ces décisions sont nécessaires, car le pays affichera une croissance négative en 2012 (...)", a expliqué M. Matolcsy, reconnaissant ainsi pour la première fois officiellement que le pays serait en récession sur l'ensemble de l'année. Le gouvernement conservateur misait auparavant sur une hausse de 0,1% du PIB.

En 2011, le PIB avait affiché une croissance de 1,7%. Et pour 2013, le gouvernement a abaissé sa prévision à 1,0% contre 1,6% auparavant.

La Commission européenne va prendre en compte ces mesures et s'exprimera le 7 novembre, a indiqué son porte-parole Olivier Bailly à Bruxelles. Il s'agira de vérifier en particulier si la Hongrie a "entrepris une action efficace pour corriger son déficit", a-t-il ajouté.

M. Matolcsy a aussi annoncé l'abandon du projet controversé de taxer les transactions financières de la Banque centrale nationale (MNB). Les nouvelles mesures d'austérité sont aussi en partie liées au fait que cette mesure n'était "pas tolérée par l'UE, qui avait menacé (la Hongrie) de procédure d'infraction si nous l'avions appliquée", a-t-il affirmé.

Bruxelles salue cette décision, a souligné Olivier Bailly, et espère "qu'elle sera traduite sans délai en une proposition de modification de la loi", puis "qu'elle sera adoptée dans les prochains jours".

Les annonces ont été globalement bien accueillies par le marché des devises. Le forint s'est fortement appréciée après ces annonces, en passant de 284,5 forints pour un euro à 281,5. Vers 12H45 GMT, il s'échangeait atour de 281,8 HUF/EUR.

"Le programme est correct (...) il n'y a pas de grandes erreurs", a réagi Janos Samu, analyste hongrois chez la banque Concorde, soulignant que les chiffres quant à la croissance et le déficit étaient "crédibles".

"De plus, les demandes de l'UE et du FMI sont aussi prises en considération, comme la suppression de l'imposition du MNB", a-t-il ajouté. Un point positif alors que le gouvernement négocie avec ces institutions internationales pour un prêt de 15 milliards d'euros, qui doit l'aider à se refinancer sur les marchés obligataires à des taux plus supportables.