Bercy roucoule devant les «Pigeons»

FISCALITE Le ministère de l'Economie a tenu à rassurer les entrepreneurs, réunis en collectif...

Céline Boff
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Le ministre Pierre Moscovici a néanmoins affirmé que la taxation des revenus du capital reste une priorité.
Le ministre Pierre Moscovici a néanmoins affirmé que la taxation des revenus du capital reste une priorité. — C. ENA / SIPA

Une victoire éclair. En moins d'une semaine, les protestations des Geonpi (pigeon en verlan) ont réussi à faire plier Bercy. Ces entrepreneurs avaient lancé vendredi dernier sur Internet, notamment sur Facebook et Twitter, une campagne contre le projet de loi de finances 2013 du gouvernement.
Dans leur viseur, une mesure surtout : la taxation des plus-values de cession. Et plus précisément, son alignement sur le barème de l'impôt sur le revenu. Avec ces nouvelles modalités, les patrons redoutaient de devoir verser à l'Etat jusqu'à 60 % du montant de la plus-value qu'ils réaliseront au moment où ils revendront leur affaire. A l'issue d'une réunion, jeudi, avec des représentants du mouvement Geonpi, Pierre Moscovici, ministre de l'Economie, a tenu à assurer que cette plus-value est bien considérée par le gouvernement comme « la rémunération du travail, des efforts du chef d'entreprise » et qu'il n'est pas question de la taxer davantage.

Taxer la rente
« Nous ne voulons pas taxer le risque, mais la rente », a-t-il déclaré, soulignant ainsi la distinction faite entre les entrepreneurs et les investisseurs.
Au passage, le ministre a rappelé qu'« aucune mesure du projet de loi de finances ne vient affecter le développement des PME ». Ce qui n'empêche pas Bercy de prévoir quelques améliorations. Notamment sur les conditions d'exonération pour les entrepreneurs qui placent leur plus-value dans une autre entreprise. A l'heure actuelle, un entrepreneur doit réinvestir au moins 80 % de sa plus-value pour être exonéré.
Désormais, il le sera à la hauteur de la part investie. Si Bercy fait ainsi un geste envers les entrepreneurs, le gouvernement se défend de revenir sur sa volonté de taxer les revenus du capital comme ceux du travail : « C'est le cœur de la réforme fiscale annoncée par le Président, il est hors de question de remettre en cause ce principe de justice », a martelé Pierre Moscovici.
Reste à savoir quelles seront les conséquences financières de cet ajustement sur le budget de la France et comment le gouvernement compte le compenser.