Vague rose sur le Mondial de l'automobile

REPORTAGE Une centaine d'étudiantes en école d'ingénieur ont parcouru jeudi après-midi les stands des constructeurs et équipementiers, à l'initiative de l’association Elles Bougent...

Claire Planchard

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En 2010, l’association «Elles bougent» et ses partenaires de la filière automobile avaient déjà organisé une visite du Mondial avec des lycéennes.
En 2010, l’association «Elles bougent» et ses partenaires de la filière automobile avaient déjà organisé une visite du Mondial avec des lycéennes. — DR

«Je n’ai même pas encore pu voir la 208 GTI!» Ce cri du cœur, c’est celui de Camille, 20 ans, étudiante en deuxième année a l’Esstin, une école d’ingénieur située à Nancy. Sur le stand de Peugeot, la grande blonde longiligne frôle l’hystérie. «C’est un peu comme un enfant dans un parc d’attractions» résume sa bonne copine Lucie. Quand une prof lui a parlé de Elles bougent, une initiative pour sensibiliser les jeunes femmes aux métiers techniques de la filière automobile, elle n’a pas hésité. En plus du petit foulard rose distinctif, elle arbore même un débardeur rose. Féminine et incollable sur l’ABS c’est possible!

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Mais si Camille a la vocation depuis ses dix ans, c’est loin d’être une évidence pour toutes les participantes. Pauline elle est plutôt là par curiosité. «Les métiers techniques ça ne me tente pas trop, j’aimerais bien faire un double diplôme avec une formation commerciale» explique-t-elle.

Faire tomber les préjugés

La faire changer d’avis, c’est le défi des partenaires de l’association, Renault PSA et les équipementiers présents au Mondial de l'automobile, et de leurs marraines qui les guident sur les stands. Dans cette filière, la proportion de femmes plafonne en moyenne à 15-20%. C’est mieux qu’il y a dix ans mais encore insuffisant. «A l’école, il y avait pas mal d’inquiétude sur la vie dans des environnements aussi masculins et sur la conciliation entre vie personnelle et professionnelle» se souvient Cécile Chaline, «marraine Valeo» du jour et ingénieure sur les directions assistées électroniques chez l’équipementier. «C’est pour ça qu’il est important d’expliquer notre travail et de les inciter, de les encourager a surtout à ne pas se sous-estimer ce qui est souvent très féminin».

Sur chaque stand l’opération séduction est bien rodée. Chez Renault c’est la responsable du design qui vante les courbes généreuses de la nouvelle Clio et les performances de Zoe. Chez Bosch, une chef de projet est même accompagnée d’une responsable RH pour présenter les métiers de l’entreprise et ses opportunités de carrière. «Le groupe a embauché l’an dernier 20% de femmes, c’est le fruit d’un effort et d’une volonté de féminisation qui s’inscrit dans le temps» explique Mélanie Zink-Faure.

Ce qu’apporte une femme dans l’industrie automobile? Diversité, ouverture et performance, répondent en cœur les promoteurs de l’opération. «Et quand on sait que les femmes sont décisionnaires dans 60% des achats d’automobile, ne pas les associer à la conception des véhicules serait vraiment être à côté de la plaque», conclut Valérie Meriot-Burn, chef de pôle diversité du groupe Renault.