Négociations à hauts risques sur la «sécurisation de l'emploi»

SOCIAL Patronat et syndicats ouvrent ce jeudi les discussions promises lors de la conférence sociale de juillet dernier...

Claire Planchard

— 

Laurence Parisot, présidente du Medef, et Michel Sapin, ministre du Travail.
Laurence Parisot, présidente du Medef, et Michel Sapin, ministre du Travail. — WITT/SIPA

Ménager la chèvre et le chou, ou plus précisément la lutte contre la précarité - priorité des syndicats - et les exigences de flexibilité défendues par les organisations patronales. C’est l’équation éminemment complexe que les partenaires sociaux doivent tenter de résoudre au cours des négociations qui s’ouvrent ce jeudi au siège du Medef.

Trois mois de négociations  en vue

Dans la lettre de cadrage publiée le 7 septembre dernier, le ministre du Travail Michel Sapin affichait un calendrier ambitieux: trouver un accord d’ici à la fin de l’année, et non en mars 2013 comme initialement prévu. Et détaillait un programme non moins  ambitieux en quatre grands points: «lutter contre la précarité sur le marché du travail», «progresser dans l'anticipation des évolutions de l'activité, de l'emploi et des compétences», «améliorer les dispositifs de maintien de l'emploi face aux aléas conjoncturels» et «améliorer les procédures de licenciements collectifs».

De grandes catégories générales qui recèlent des sujets consensuels comme la facilitation du chômage partiel ou la formation professionnelles mais aussi des thématiques ultrasensibles.

Sujets explosifs

Parmi elles, la pénalisation financière du recours à des contrats courts de type CDD ou intérim, via une modulation des cotisations sociales, un thème qui provoque une levée de bouclier du patronat. Autre sujet problématique, la possibilité de négocier des accords d’entreprise sur le temps de travail ou les salaires en vue de maintenir l’emploi en période de crise. Là c’est la CGT qui monte au créneau.

Enfin troisième thème discussion explosif : la réforme des licenciements économiques, qui sans revenir à l’autorisation administrative de licenciement pourrait donner «un rôle plus important aux services du ministère du Travail» selon les termes du document d’orientation. Une homologation qui permettrait aux entreprises de sécuriser juridiquement leurs plans sociaux mais qui n’est pas sans poser question.

Dans ce contexte, beaucoup doutent qu’un accord global réunissant le Medef et la CGT puisse être trouvé. Car Michel Sapin a prévenu. «Ce n'est pas une "shopping list" où chacun pioche les sujets dont il veut parler. C'est un tout qui doit permettre d'aboutir à des solutions équilibrées, avec des mesures des deux côtés de la balance».