Des pigeons, les entrepreneurs ?

Mathieu Bruckmüller

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Sur Facebook, les entrepreneurs se réunissent autour du groupe Les Pigeons.
Sur Facebook, les entrepreneurs se réunissent autour du groupe Les Pigeons. — N. CALVO VWPIC/ SUPERSTOCK / SIPA

« Un hold-up fiscal sans précédent. » Les patrons sont très remontés contre les 10 milliards d'impôts nouveaux sur les entreprises décrétés par le gouvernement pour 2013. Dans le viseur, la décision d'aligner la taxation du capital sur celle du travail. Selon l'association CroissancePlus, « les entrepreneurs devront reverser plus de 60 % des plus-values de cession de participations à l'Etat. Du jamais vu ! » Jusqu'à maintenant, ils ne payaient que 19 % de taxes en plus des prélèvements sociaux à 15,5 % (CSG + CRDS).

Nationalisation ?
Désormais, en plus de ces derniers, ils seront soumis à la nouvelle tranche d'impôt sur le revenu de 45 %. Bercy table ainsi sur un milliard d'euros de recettes supplémentaires par an. De surcroît, la mesure s'appliquerait rétroactivement au 1er janvier 2012. « Les orientations fiscales du gouvernement à l'égard des entrepreneurs seront dévastatrices pour notre économie : l'Etat s'invite à hauteur de 60 % dans le capital de nos entreprises. C'est comme si nous nationalisions toutes les entreprises de France ! », enrage Olivier Duha, président de CroissancePlus. Sur Facebook, plus de 16 000 personnes ont rejoint un groupe appelé Les Pigeons : mouvement de défense des entrepreneurs français. Un rassemblement qui suscite de multiples commentaires sur Twitter avec le hashtag #geonpi. Si certains sont solidaires, d'autres en revanche fustigent l'amateurisme de ceux qui omettent de préciser que le gouvernement a aussi prévu des allégements de charges. Hétéroclite, ce collectif fédère des dirigeants de sociétés et des auto-entrepreneurs. Ces derniers sont vent debout contre le relèvement de leurs cotisations sociales, avec des hausses de + 2 à + 3,3 %. Bercy justifie cette mesure par le souci de les rapprocher de celles versées par les indépendants.