American Airlines prend du plomb dans l'aile après deux vols désastreux

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Deux vols désastreux risquent d'aggraver encore la réputation de la compagnie aérienne en faillite American Airlines, déjà plombée par des retards et annulations en série depuis début septembre alors que ses relations avec ses employés se détériorent.
Deux vols désastreux risquent d'aggraver encore la réputation de la compagnie aérienne en faillite American Airlines, déjà plombée par des retards et annulations en série depuis début septembre alors que ses relations avec ses employés se détériorent. — Joe Raedle afp.com

Deux vols désastreux risquent d'aggraver encore la réputation de la compagnie aérienne en faillite American Airlines, déjà plombée par des retards et annulations en série depuis début septembre alors que ses relations avec ses employés se détériorent.

Lundi, un vol Boston-Miami a dû faire un atterrissage d'urgence à New York à cause d'une rangée de sièges qui lâchait.

"Les passagers de la zone affectée ont été déplacés vers d'autres sièges en cabine et l'avion a atterri en sécurité à JFK. Un deuxième appareil a été utilisé pour poursuivre jusqu'à Miami", a indiqué un porte-parole dans un courriel, ajoutant que la compagnie mène une enquête interne et est "en contact avec l'Autorité fédérale de l'aviation (FAA)".

Ce week-end, dans une tribune publiée par le New York Times, un passager décrivait un vol cauchemardesque de 30 heures entre Paris et New York, au cours duquel l'avion avait dû atterrir d'urgence en raison d'un altimètre défectueux. L'embarquement à bord d'un deuxième appareil n'avait pu être effectué, les portes ne s'ouvrant pas, et les passagers avaient été confrontés à des employés au mieux détachés, et au pire complètement incompétents.

"Toi, American Airlines, ne devrais plus faire de vols transatlantiques. Tu n'as pas le savoir-faire. Tu n'as pas l'équipement. Et tes employés ont clairement perdu tout intérêt dans tes opérations", concluait l'écrivain Gary Shteyngart dans ce témoignage.

Ce vol a été "dérouté vers Londres Heathrow le lundi 24 septembre à cause d'un problème mécanique" et a dû procéder à un atterrissage d'urgence car il était "surchargé" en kérozène, a expliqué à l'AFP Matt Miller, un autre porte-parole joint par courriel, affirmant que cet incident était isolé des "difficultés opérationnelles récentes".

Depuis plusieurs semaines, la compagnie et sa maison mère AMR déplorent en effet un bond des retards et annulations de vols qu'elles attribuent à une grève du zèle des pilotes.

"Nous avons vu une augmentation sans précédent des notifications de (problèmes techniques de la part des pilotes), parfois au moment du départ et n'étant pas liés à des problèmes de sécurité", a souligné M. Miller, ajoutant que dans de nombreux cas les mécaniciens n'ont détecté aucun problème technique.

La FAA elle-même a toutefois épinglé la compagnie début août pour des défauts de maintenance présentant des risques de sécurité, lui imposant une lourde amende de 162,4 millions de dollars.

Le syndicat Allied Pilots Association (APA) a de son côté réfuté les accusations d'AMR: "la liste des problèmes de maintenance non résolus s'allonge chaque jour sur les appareils vieillissants que nous utilisons, et nous ne pouvons (les) ignorer", a-t-il affirmé.

"Le niveau de nos personnels de maintenance est approprié" et "l'âge de notre flotte n'a pas brusquement augmenté depuis les dernières semaines", a rétorqué M. Miller, selon lequel American Airlines aura "la plus jeune flotte des grandes compagnies aériennes d'ici 5 ans" grâce au renouvellement en cours de ses appareils.

Pour l'analyste Richard Aboulafia, du cabinet spécialisé Teal Group, ces problèmes dénotent "un climat social vicié".

"L'objectif du syndicat est de forcer une fusion avec US Airways, mais cela aurait pour conséquence de mettre la direction (de la compagnie) au chômage. Etant donné que les syndicats ont l'air déterminé, elle n'a cependant peut-être pas le choix. Si (cette situation) continue, cela risque d'anéantir les chances de survie de la compagnie", estime-t-il.

De fait, AMR se résout depuis début juillet à une possible fusion avec US Airways. La compagnie n'a toujours pas conclu d'accord avec certains syndicats de pilotes un an après son dépôt de bilan et un tribunal lui a refusé d'annuler unilatéralement les engagements salariaux existants.

Les syndicats, eux, sont favorables à un mariage avec US Airways, qui leur promet moins de licenciements qu'AMR.