Fusion EADS-BAE: Lagardère s'estime lésé, demande un réexamen du projet

avec AFP

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Le groupe de médias Lagardère a confirmé son vif intérêt pour LeGuide.com en relevant mardi le prix de son OPA non sollicitée, lancée le 7 mai, de 24 à 28 euros l'action, ce qui valorise désormais l'éditeur français de guides numériques de shopping à 98,2 millions d'euros.
Le groupe de médias Lagardère a confirmé son vif intérêt pour LeGuide.com en relevant mardi le prix de son OPA non sollicitée, lancée le 7 mai, de 24 à 28 euros l'action, ce qui valorise désormais l'éditeur français de guides numériques de shopping à 98,2 millions d'euros. — Eric Piermont afp.com

Le groupe Lagardère, actionnaire de référence d'EADS, s'est estimé lundi lésé par les conditions financières de la fusion envisagée de l'avionneur avec le fabricant d'armes britannique BAE Systems et a appelé la direction du groupe à un réexamen du projet.

«Lagardère estime, à ce stade, insatisfaisantes les conditions de rapprochement entre EADS et BAE», souligne le groupe dans un communiqué, en invitant «la direction exécutive d'EADS à engager sans attendre l'indispensable réexamen du projet de rapprochement (...), en prenant mieux en compte l'ensemble des intérêts de l'actionnariat français de contrôle d'EADS».

«Ce projet, en dépit du potentiel industriel et stratégique qui lui est prêté, n'a pas démontré à ce jour qu'il était créateur de valeur pour EADS», a fait valoir Lagardère, qui détient 7,5% du capital de l'avionneur européen.

Le groupe Lagardère et l'Etat français sont actionnaires à hauteur de 22,35% à travers la holding Sogeade. Daimler exerce 22,35% des droits de vote pour l'Allemagne et le groupe a confirmé après l'annonce de la fusion qu'il entendait toujours céder 7,5% du capital à un consortium comprenant la banque publique allemande KfW.

Après des fuites dans la presse, EADS et BAE Systems ont reconnu mi-septembre être en discussions en vue d'une fusion qui créerait le numéro 1 mondial de l'aéronautique loin devant l'américain Boeing.

Le projet de fusion prévoit de donner une «action spéciale» à la Grande-Bretagne, à l'Allemagne et à la France, qui leur permettrait à chacun de s'opposer à ce que quiconque acquière plus de 15% du capital.

Les patrons des deux géants européens de l'aéronautique et de la défense, respectivement Tom Enders et Ian King, ont souligné dimanche que les intérêts de l'Allemagne seraient préservés sans que le pays ait besoin d'entrer au capital du futur numéro un mondial du secteur.

Selon la législation britannique sur les fusions et acquisitions, EADS et BAE Systems ont jusqu'au 10 octobre pour présenter un projet détaillé de rapprochement. Les gouvernements envisageraient d'étendre ce délai jugé trop court étant donné les enjeux, mais les deux groupes ne le souhaitent pas.