Renault: Ghosn admet que le groupe pourrait manquer son objectif de ventes

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Le constructeur automobile français Renault risque de manquer son objectif d'une hausse de ses ventes mondiales cette année en raison de la dégradation continue des marchés européens, a prévenu son PDG Carlos Ghosn.
Le constructeur automobile français Renault risque de manquer son objectif d'une hausse de ses ventes mondiales cette année en raison de la dégradation continue des marchés européens, a prévenu son PDG Carlos Ghosn. — Bertrand Guay afp.com

Le constructeur automobile français Renault risque de manquer son objectif d'une hausse de ses ventes mondiales cette année en raison de la dégradation continue des marchés européens, a prévenu son PDG Carlos Ghosn.

"Étant donné la dégradation des marchés européens, qui représentent 50% de nos volumes, notre prévision d'augmenter nos ventes mondiales cette année est (...) fortement sous pression", a déclaré M. Ghosn dans un entretien au quotidien Le Figaro de jeudi.

"Le marché européen est vraiment très mauvais", a-t-il ajouté. "Il devrait chuter d'environ 8% en 2012, alors que nous prévoyions une chute de 3% en début d'année, et de 6 à 7% en juillet. Malheureusement, nous ne voyons pas d'amélioration l'an prochain: le marché sera au mieux stable ou, plus probablement, légèrement en baisse", a-t-il poursuivi.

Pour autant, Carlos Ghosn estime que la crise que traverse le secteur automobile n'aura pas d'impact sur le plan stratégique à horizon 2016 de son groupe. "Mais on ne peut pas ignorer le fait que l'environnement est loin d'être favorable", a-t-il nuancé.

Selon M. Ghosn, le groupe dispose de trois atouts: "Aujourd'hui, Renault est profitable, en grande partie grâce à (son) alliance avec Nissan, mais aussi grâce au +low-cost+ et à l'internationalisation du groupe", a-t-il relevé.

"Notre free cash flow (flux de trésorerie après financement des investissements), qui dépend de Renault, est positif. Je réaffirme qu'il sera positif sur l'année 2012", a-t-il poursuivi.

"Notre situation financière n'est pas préoccupante, mais je ne peux cependant pas affirmer qu'elle est satisfaisante, quand j'observe les profits dégagés par certains concurrents", a-t-il résumé.

Outre le recul des prévisions de marché pour l'Europe, le constructeur a fait savoir un peu plus tôt lors d'une présentation d'analystes qu'il revoyait en baisse ses prévisions pour la France, avec un recul attendu des immatriculations neuves de 13% en 2012, contre une dégradation comprise entre 8 et 10% précédemment.

"Aujourd'hui, le principal sujet de Renault, notre urgence même, c'est notre compétitivité en France (qui) est un sujet de survie" pour le groupe, a-t-il déclaré. "Aucun constructeur n'échappera au renforcement de sa compétitivité dans son pays d'origine", a-t-il ajouté.

Face à la crise, "chaque constructeur a son problème", a-t-il relevé en notant que si "pour certains, la réponse passe par des suppressions d'emplois ou des fermetures de sites", le problème de Renault "n'est pas tellement lié aux surcapacités de production".

Pour l'heure, "nous nous adaptons actuellement avec de nombreuses journées non travaillées, du chômage partiel, des arrêts de production, un plan de réductions de coûts. Mais face à une situation qui risque de se prolonger, nous ne pouvons pas tenir le coup avec des mesures conjoncturelles", a-t-il prévenu.