Des appartements à 1.500 euros le m², c'est possible

LOGEMENT L'Union nationale de la propriété immobilière (UNPI) a présenté jeudi une solution pour construire des appartements à des prix très inférieurs à ceux du marché...

Céline Boff

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Illustration immobilier.
Illustration immobilier. — PHILIPPE HUGUEN / AFP

Proposer des appartements moins chers, mais pas de moindre qualité, pour répondre à la crise du logement. Telle est l’ambition de l’Union nationale de la propriété immobilière (UNPI), qui a présenté jeudi son plan pour y parvenir.

En matière de construction low-cost, il existe évidemment des précédents, parmi lesquels la maison Borloo à 100.000 euros ou la maison Boutin à 15 euros par jour. «Ces échecs s’expliquent parce qu’ils cherchent, dans un modèle donné, à tirer les coûts dans chaque métier. Nous proposons de changer de modèle, avec notre concept de ‘L’habitat essentiel’», avance Jean Perrin, président de l’UNPI.

Ce nouveau modèle permettrait, selon l’organisation, de construire des logements à moins de 900 euros le m2, contre 1.400 à 1.700 à l’heure actuelle. Et donc de les proposer aux acquéreurs à environ 1.500 euros le m2, «au moment où, même en banlieue de Clermont-Ferrand, les prix commencent à 2.700 euros le m2», rappelle Jean Perrin.

Quelle est donc cette nouvelle méthode imaginée par l’UNPI? Elle repose sur la combinaison de cinq points.

L’industrialisation

C’est le principe phare du modèle UNPI. Qui veut doper le modulaire et donc l’industrialisation, en favorisant la construction et l’assemblage en usine de pièces telles que la cuisine et la salle de bain, mais également le séjour et la chambre. Le tout, fabriqué en France. «Des sites industriels, tels que des usines automobiles, pourraient être convertis en lieux de fabrication d’éléments de construction de logement», note l’UNPI. «Si les industriels ne s’engagent pas dans cette voie, c’est pour une raison simple: l’instabilité législative. Ils ne peuvent pas investir dans des chaînes, quand les normes et les règles changent sans cesse», martèle Jean Perrin.

Les normes

Voilà donc la plus grande difficulté: exiger la stabilité de ces normes. Pour l’UNPI, son projet «ne touche pas au dispositif normatif en vigueur, il bâtit à ses côtés un nouveau cadre pour un autre type de logements».

Qui n’offriraient d’ailleurs pas tous le même niveau de services et d’accessibilité. «C’est une idée noble d’offrir des logements accessibles à tous, mais cela coûte très cher. Nos immeubles ne seraient pas équipés d’ascenseurs et seuls les rez-de-chaussée seraient cédés aux personnes handicapées ou à mobilité réduite», avance Jean Perrin, qui insiste: «Mais nos appartements répondront à toutes les normes, notamment en termes d’isolation. Des logements moins chers ne sont pas synonymes d’appartements au rabais».

Les équipements

Proposer un autre mode d’occupation de l’habitat. C’est également une piste privilégiée par l’UNPI pour faire tomber les coûts. Par exemple, en équipant les immeubles en laverie et même en cuisine communes, voire en chambres partagées pour accueillir des invités, ce qui favorisait, outre la socialisation, la réduction de la surface des logements, notamment des séjours individuels, et des coûts de construction.

L’assurance construction

La décennale. C’est l’assurance qui prime dans le monde du BTP. Et dont le coût pèse de manière conséquente dans les prix finaux. «Nous voudrions retravailler cette garantie en l’allongeant à 15 ans pour certains éléments, mais en la réduisant à deux ans sur de nombreux autres aspects», avance Jean Perrin, qui ajoute: «La durée de notre assurance est la plus longue d’Europe. En Allemagne par exemple, elle est quinquennale».

Le financement

Pour faire baisser le coût du foncier, l’UNPI voudrait renforcer le bail emphytéotique, qui permet la mise à disposition d’un terrain à long terme en vue de sa construction. «Cet outil juridique permet en outre au bailleur –notamment aux collectivités locales– de céder leurs terrains tout en conservant la propriété, évitant ainsi le démantèlement de leur foncier», estime l’UNPI, qui imagine également un retour des investisseurs institutionnels vers le logement: «Ils pourraient acquérir de l’habitat essentiel dont la rentabilité pourrait être dopée par son moindre coût d’achat».

L’UNPI propose enfin l’instauration d’une TVA réduite pour ce type de logements. «Le bilan serait quand même positif pour l’Etat puisque ces constructions n’auraient pas vu le jour sans cette incitation», précise l’organisme qui vient de trouver un partenaire pour lancer la construction de ces «habitats essentiels». Son objectif: édifier au moins 1.000 logements, barrière sous laquelle le système n’est pas rentable. «Nous sommes prêts, mais il nous manque encore du foncier pour lancer les opérations».