Espagne: Près d'un crédit immobilier sur 10 considéré comme douteux

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Le taux à 10 ans de l'Espagne a atteint un nouveau plus haut depuis la création de la zone euro jeudi matin, tout près des 7%, creusant un écart record avec l'Allemagne, dans la foulée de la dégradation de trois crans de la note du pays par l'agence de notation Moody's.
Le taux à 10 ans de l'Espagne a atteint un nouveau plus haut depuis la création de la zone euro jeudi matin, tout près des 7%, creusant un écart record avec l'Allemagne, dans la foulée de la dégradation de trois crans de la note du pays par l'agence de notation Moody's. — Dominique Faget afp.com

Le taux de créances douteuses des banques espagnoles a battu en juillet un nouveau record historique en cinquante ans, avec désormais près d'un crédit immobilier sur dix considéré comme risqué, a annoncé mardi la Banque d'Espagne. Les créances douteuses, principalement des crédits immobiliers susceptibles de ne pas être remboursés, ont atteint 9,86% du total des crédits en juillet, avec 169,330 milliards d'euros. C'est le taux le plus élevé depuis le début de la série statistique en 1962. L'annonce a été mal accueillie à la Bourse de Madrid, qui a perdu jusqu'à 2,44% après la publication et reculait encore de 1,89% à 7.994,1 points à 08h28 GMT.

Ce chiffre confirme la détérioration du secteur financier espagnol, qui inquiète les investisseurs et les partenaires européens de l'Espagne: la zone euro a d'ailleurs promis en juin une aide de jusqu'à 100 milliards d'euros pour aider à renflouer le secteur, et les fonds sont attendus dans les prochaines semaines. Les créances douteuses avait atteint 9,67% en juin (donnée révisée) et 8,96% en mai. Pendant longtemps moteur de la croissance espagnole, le secteur de la construction s'est brusquement mis à l'arrêt en 2008, au moment même où éclatait la crise internationale.

L'éclatement de la bulle immobilière a entraîné une grande partie de l'économie dans sa chute et fortement déstabilisé le secteur financier, très exposé à cette bulle, d'où la promesse d'aide européenne en juin. Le pays, quatrième économie de la zone euro, est désormais sous pression pour demander un sauvetage financier plus large, mais affirme n'avoir pas encore pris de décision, attendant d'abord de connaître les conditions qui lui seront imposées en échange.