Fusion avec BAE: EADS serait prêt à des concessions envers Berlin

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Le groupe d'aéronautique et de défense EADS serait prêt à des concessions pour s'assurer le soutien du gouvernement allemand à son projet de fusion avec le britannique BAE Systems, écrit le Financial Times Deutschland à paraître lundi.
Le groupe d'aéronautique et de défense EADS serait prêt à des concessions pour s'assurer le soutien du gouvernement allemand à son projet de fusion avec le britannique BAE Systems, écrit le Financial Times Deutschland à paraître lundi. — Andrew Yates afp.com

Le groupe d'aéronautique et de défense EADS serait prêt à des concessions pour s'assurer le soutien du gouvernement allemand à son projet de fusion avec le britannique BAE Systems, écrit le Financial Times Deutschland à paraître lundi.

EADS aurait proposé à l'Allemagne, à la France et à la Grande-Bretagne un droit de veto sur toute montée d'un actionnaire individuel, qu'il soit public ou privé, au-delà de 15% du nouvel ensemble, écrit le FTD en citant une source industrielle.

Les sièges au conseil d'administration et au comité d'entreprise du groupe seraient majoritairement réservés à des citoyens européens et EADS aurait aussi garanti le maintien de nombreux postes et de certains sites à l'Allemagne, poursuit le journal.

La fusion entre les deux groupes créerait le numéro 1 mondial de l'aéronautique, loin devant l'américain Boeing et ouvrirait le marché américain à EADS.

La gouvernement allemand s'est officiellement contenté d'indiquer qu'il "examin(ait) le projet de fusion des deux entreprises"

"C'est de toute évidence une transaction très complexe, avec des implications pour la politique de sécurité et la politique industrielle", ces aspects étant également étudiés, avait précisé le porte-paroe du gouvernement, Steffen Seibert vendredi.

Mais l'agence de presse allemande DPA avait également cité jeudi des "sources proches du gouvernement" selon lesquelles Berlin aurait de fortes réserves sur le projet, de peur de voir son influence diluée dans le nouvel ensemble.

L'hebdomadaire allemand Der Spiegel paru dimanche évoque, lui, des craintes côté allemand que la fusion ne contrevienne au droit européen, en raison des actions préférentielles qui doivent être accordées à l'Allemagne, à la France et à la Grande-Bretagne.

"L'Union européenne n'autorise les +golden shares+ que pour les activités d'armement, lorsque les questions de sécurité nationale à défendre sont concernées. Pour les activités civiles, c'est contraire au droit européen", écrit Der Spiegel, citant une source "proche des négociations".

En vertu du droit boursier britannique, EADS et BAE Systems ont jusqu'au 10 octobre pour présenter leur projet détaillé de rapprochement.