Portugal: L'opposition menace de rompre le consensus autour du plan d'aide

EUROPE Le PS a annoncé qu'il voterait contre les nouvelles mesures d'austérité prévues dans le budget 2013...

© 2012 AFP

— 

Le chef du Parti socialiste portugais, principale formation d'opposition, a menacé jeudi de rompre le consensus politique autour des réformes et des mesures d'austérité mises en oeuvres en contrepartie de l'aide internationale accordée en mai 2011.
Le chef du Parti socialiste portugais, principale formation d'opposition, a menacé jeudi de rompre le consensus politique autour des réformes et des mesures d'austérité mises en oeuvres en contrepartie de l'aide internationale accordée en mai 2011. — Miguel Riopa afp.com

Le chef du Parti socialiste portugais, principale formation d'opposition, a menacé jeudi de rompre le consensus politique autour des réformes et des mesures d'austérité mises en oeuvres en contrepartie de l'aide internationale accordée en mai 2011.

Le chef du PS, Antonio José Seguro, a annoncé en particulier que son parti voterait contre les nouvelles mesures d'austérité prévues dans le budget 2013.

«Je ne serai jamais complice de cette politique. J'ai décidé que le PS voterait contre le budget d'Etat» 2013, a-t-il déclaré dans une allocution diffusée à l'heure des journaux télévisés.

M. Seguro a précisé qu'il soumettrait cette proposition à la Commission nationale de son parti.

La déclaration du chef de l'opposition intervient après l'annonce par le gouvernement d'un renforcement de l'austérité pour l'année prochaine, comprenant notamment une hausse des impôts sur le revenu et une augmentation des cotisations salariales, accompagnée d'une baisse des charges patronales dans le but de favoriser l'emploi.

Le Premier ministre Pedro Passos Coelho s'est dit prêt à "moduler" ces nouvelles mesures, afin de limiter leur impact auprès des personnes à bas revenus, "au cours de négociations avec les partenaires sociaux".

«Mais ces mesures sont nécessaires pour que le Portugal puisse respecter son programme" d'assistance internationale, a-t-il expliqué dans un entretien accordé jeudi soir à la télévision publique RTP.

"Dans le cas contraire, nous risquions de nous retrouver dans la situation d'autres pays européens, contraints, dans un délai de deux ou trois mois, de négocier un nouveau programme avec la troïka (UE-FMI-BCE), assorti de conditions beaucoup plus graves", a-t-il ajouté.

Jusqu'à présent le Parti socialiste, qui était au pouvoir lorsque l'aide internationale a été demandée en avril 2011, avait soutenu les mesures d'austerité reprochant toutefois au gouvernement de centre droit, qui lui a succédé, d'aller au-delà des recommandations des bailleurs de fonds.

De leur côté, les créanciers du Portugal ont toujours estimé que le consensus politique autour du plan d'aide était un élément clé de sa réussite.

"Le gouvernement a échoué sur toute la ligne et il veut répéter l'erreur l'année prochaine aggravant davantage les sacrifices ... C'est une politique sans avenir qui va nous conduire à l'appauvrissement", a estimé M. Seguro précisant que si le gouvernement ne renonçait pas aux nouvelles mesures son parti présenterait une motion de censure.

Le chef du PS n'en a pas moins réaffirmé son intention de respecter les engagements internationaux du Portugal. "J'ai bien conscience de la situation difficile de mon pays et des engagements extérieurs que nous avons pris. Je me suis engagé à les respecter et je les respecterai jusqu'au bout", a-t-il déclaré.

L'année dernière, le Parti socialiste, s'était abstenu lors du vote du budget 2012 qui avait été adopté sans problème grâce à la majorité confortable dont la coalition de centre droit dispose à l'Assemblée.

Avant le responsable socialiste, le chef du patronat portugais Antonio Saraiva avait vivement critiqué les nouvelles mesures d'austérité, joignant sa voix à la vague de critiques qui a accueilli les nouvelles mesures d'austérité.